Non loin de la tour Eiffel, ce « drive » d'un nouveau genre n'est pas un fast-food mais un lieu de dépistage du Covid-19. Au pied de l'École militaire de Paris, dans le très chic 7e arrondissement, une tonnelle blanche accueille sur le côté de la route les personnels soignants et patients venus se faire dépister (de 9 h à 15 h).
Sur ordonnance !
Aux commandes, deux pharmaciens biologistes du laboratoire Eylau d'Unilabs situé à proximité. Le test est rapide pour les patients. « La personne reste dans sa voiture. L'avantage est le minimum de contact physique, ici il n'y a pas de salle d'attente. Et toute la procédure est numérisée », explique Christophe, pharmacien-biologiste, un des responsables du prélèvement.
Il est 9 h ce mercredi 8 avril : au point mort, une femme attend les consignes de l'équipe dans sa voiture blanche. C'est le premier passage de la journée. Christophe, équipé d'un masque FFP2, de lunettes, gants, charlotte, blouse et surblouse s'approche de la voiture. Roger, le second pharmacien-biologiste, vérifie le dossier et prépare le matériel sous la tonnelle. Les patients ne peuvent pas débarquer ici à l'improviste. Ils doivent prendre rendez-vous et remplir un dossier en ligne – carte Vitale, mutuelle, fiche de renseignements cliniques. Surtout, le dépistage n'est pas autorisé sans ordonnance.
54 euros remboursés
Près de la voiture, Christophe explique à la patiente la procédure de prélèvement naso-pharyngé par écouvillonnage. L'appréhension qui se lit sur le visage de la patiente laisse supposer que cet examen n'est pas des plus agréables... L'écouvillon est ensuite placé dans un tube à essai contenant une solution liquide puis dans deux poches plastiques avec le dossier patient avant d'être envoyé au laboratoire d'analyses.
Environ trois minutes se sont écoulées entre l’arrivée du patient jusqu'au moment où le test est «scellé» pour la recherche du SARS-CoV-2 par la technique de PCR. Les patients auront leurs résultats entre 24h et 48h. « Ils reçoivent un SMS avec un lien internet et ils se connectent avec un identifiant », ajoute Christophe.
Le prix des tests est fixé à 54 euros, pris en charge à 70 % par la Sécurité sociale, le reste étant remboursé par les mutuelles.
« Bravo et bon courage »
En cette matinée, des curieux s'arrêtent et demandent s'ils peuvent également bénéficier d'un dépistage express. La même réponse fuse : « Il faut une ordonnance. » Entre deux dépistages, des joggeurs lancent des « bravos » tandis que les patients glissent des « mercis » et « bon courage ! » au binôme testeur.
Outre le ballet des voitures, des patients arrivent en scooter et parfois à pied. Ce jour-là, 40 rendez-vous ont été fixés, encore loin de la capacité maximale de 80 dépistages par jour. « Nous avons souvent des professionnels de santé – infirmiers libéraux qui viennent avec le caducée sur le pare-brise, médecins de ville mais aussi de SOS », analyse Robert.
Le laboratoire poursuivra-t-il ce « drive corona » ? Et pendant combien de temps ? Tout dépendra du calendrier et de la stratégie nationale de déconfinement ainsi que des modalités de dépistage massif qui seront privilégiées (tests par PCR, tests rapides et tests sérologiques pour détecter l’immunité).
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