Les Français auraient-ils tout abdiqué pendant la crise du Covid ? Leur liberté, d’abord, acceptant, pendant le confinement, des restrictions sans précédent de leurs allers et venues, qui jamais n’avaient été contraints à ce point. Leur droit d’expression, ensuite. Dimanche, six électeurs sur dix ne se sont pas déplacés pour voter. Triste record que celui enregistré par ce scrutin – saucissonné en deux tours à quatre mois d’intervalle –avec un taux d’abstention jamais égalé sous la Ve République pour des municipales…
Alors même qu’on ignore si l’épidémie est vraiment derrière nous (72 % de nos lecteurs internautes en doutent), il se confirme donc que cette crise, désormais systémique, ne s’arrête pas au monde de la santé. Elle semble avoir contaminé les bases mêmes de nos sociétés. De toutes les catastrophes sanitaires qui ont frappé notre pays, c’est la seule à avoir grippé aussi l’économique et le social. Au point de plonger la France dans une des pires récessions que notre pays ait connue. Et voilà que le virus semble s’attaquer désormais à l’un des rouages les plus essentiels de notre démocratie…
Il faut donc rester prudent sur l’analyse de ce scrutin. Sinon pour dire qu’il reflète assez bien les angoisses et les impatiences d’un certain nombre de Français. Comment interpréter autrement la vague écologiste qui a déferlé sur le pays, faisant basculer dans le vert certaines des plus grandes villes de France ? Ses prémices étaient déjà perceptibles lors des élections européennes l’an passé, mais l’émergence du nouveau virus a été à l’évidence moteur dans le succès des « listes Jadot ». Comme si la catastrophe sanitaire avait été perçue comme un révélateur des dysfonctionnements d’un modèle post-industriel à bout de souffle. Autant dire que, dans ce contexte, un remaniement gouvernemental était inévitable. Macron le double de la promesse d’interroger bientôt nos concitoyens sur la question climatique. Comme pour redonner la main à un peuple sonné.
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