Après quatre jours de débats intensifs, l'Assemblée nationale a adopté mardi à une large majorité le premier budget de la Sécurité sociale 2018 du quinquennat Macron. Sur les 546 votes exprimés, 354 ont voté pour et 192 contre, la majorité absolue étant fixée à 274 voix.
Comme attendu, les parlementaires des groupes En Marche et MoDem se sont prononcés en faveur du texte. En revanche, les députés de la France insoumise, de la Gauche démocrate et républicaine et de la Nouvelle Gauche se sont opposés au budget « qui profite d'abord aux riches ». Les Républicains et une majorité des Constructifs ont aussi rejeté le texte, déplorant « cette occasion gâchée » pour engager des réformes structurelles et la refonte « précipitée » du RSI.
Le budget de la Sécurité sociale prévoit une progression générale des dépenses de santé de 2,3 % (pour une enveloppe totale de près de 200 milliards) dont 2,4 % pour la médecine de ville, 2,2 % pour l'hôpital, 2,6 % pour le médico-social et 3,1 % pour le fonds d'intervention régional (FIR).
Fin de l'obligation du tiers payant
Pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, un effort d'économies va être demandé particulièrement à la branche maladie. Plus de trois milliards d'euros d'économies sont attendus en 2018 dont 1,5 milliards par les baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux, la promotion des génériques, les biosimilaires et un peu plus de 1,4 milliards par la restructuration de l'offre de soins (optimisation des achats, économies dans les services, etc.) et la pertinence des actes.
Conformément aux promesses d'Emmanuel Macron, le PLFSS comporte la hausse de la CSG ou encore l'adossement progressif du régime social indépendant (RSI) au régime général. D'autres mesures ont été actées dans ce texte comme la création d'un fonds pour financer toute expérimentation en faveur de l'innovation organisationnelle ou tarifaire, la suppression de l'obligation du tiers payant intégral au 31 novembre 2018 ou encore la généralisation de la télémédecine.
Sur le volet de la santé publique, les mesures comme la hausse du prix du tabac ou la taxation des boissons sucrées ont rencontré un large consensus lors du vote en séance publique. L'extension de l'obligation vaccinale à 11 vaccins a occasionné un débat passionné.
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