L’affaiblissement du PS, la percée du FN, le retour de la droite s’expliquent uniquement par une gestion du pays qui, en près de deux ans, n’a donné aucun résultat. Le pouvoir a consommé très vite le capital de popularité qu’il avait acquis lors de l’élection présidentielle de 2012. Les réformes ont porté sur les questions de société beaucoup plus que sur ce qui était urgent, la relance économique et la création d’emplois. Une erreur fatale a été commise dès le début : la hausse de la fiscalité qui, en 2013, a mis un terme à tout espoir de croissance. Le Front national ne fait que recueillir les dividendes de la misère. Il prospère sur la chienlit. La responsabilité de la gauche dans la dérive de la société française vers les extrêmes est immense. Non pas que la gouvernance de Nicolas Sarkozy n’ait pas elle-même apporté des arguments forts aux thèses du FN, mais François Hollande est entré à l’Élysée au moment de la dernière chance. Un peuple harassé demandait grâce. Il a été encore plus accablé.
Pourquoi s’étonner dès lors des résultats du premier tour des municipales ? La stratégie économique de ces deux dernières années aura été contre-productive et d’une lenteur excessive. Porté au pouvoir, avec enthousiasme, par le peuple de gauche, M. Hollande avait les mains libres pour engager, dès les trois premiers mois, une politique économique de type bitzkrieg qui, loin de tenir les promesses irréalistes qu’il avait faites pendant la campagne, auraient assaini une situation extraordinairement précaire. Même si les Français avaient grogné sous les rigueurs de la réduction des déficits et de la dette, même si les syndicats avaient dénoncé la libération des forces du marché, nous en serions déjà à recevoir les dividendes d’une telle politique sous la forme de créations d’emplois et, du même coup, les protestatires se seraient tus. Près de deux ans après la victoire de la gauche aux élections de 2012, les ministres en sont encore à expliquer leurs difficultés par l’héritage que leur a laissé le précédent gouvernement. Sont-ils crédibles ? Et, si ce qu’ils disent est vrai, quel espoir offrent-ils à leurs concitoyens ? Ou bien ils pouvaient apporter des remèdes à la crise et ils ne l’ont pas fait, ou bien ils ne le pouvaient pas et ne méritaient donc pas d’être élus.
La petite politique.
Le choc du 23 mars ridiculise des projets que M. Hollande croit convaincants. La pacte de responsabilité mérite toute notre considération et nous souhaitons qu’il soit appliqué le plus vite possible. Mais c’est clair : l’électeur, lui, n’y croit pas davantage qu’il n’a cru à la « boîte à outils ». Il y avait une réforme profonde des retraites à faire, on en a fait une superficielle. Il y avait des économies à faire, on commence à peine à les prévoir. En revanche, ce gouvernement fait beaucoup de politique. M. Hollande espère que l’un de ses rivaux, celui qu’il craint le plus, Nicolas Sarkozy, sombre dans les affaires. Il espère être réélu si la justice élimine ses adversaires. Cela indique qu’il n’accorde pas lui-même à son programme des vertus propres à le maintenir au pouvoir. Et qu’il espère s’y maintenir parce qu’il serait non le meilleur mais le moins mauvais, dans une foule de personnages corrompus.
Mais, attention. Les jeux de la petite politique deviennent criminels quand ils rapprochent du pouvoir les militants du Front national. Ils vont se renforcer au second tour des municipales. Ils feront un tabac aux européennes. Entretemps, la gauche risque d’être complètement disqualifiée et de ne plus représenter une force capable de faire reculer l’extrême droite. C’est ce qui explique le retour en force de l’UMP.
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