LE PRÉSIDENT du Conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH) et patron du SAMU de Paris Pierre Carli rend aujourd’hui à Marisol Touraine son rapport sur les services des urgences. La ministre de la Santé lui avait demandé en juin d’identifier les hôpitaux et les structures d’urgences « à risque » et de formuler des recommandations pour éviter les situations de crise. Ses propositions doivent être discutées aujourd’hui par l’ensemble de la communauté hospitalière au cours d’une table ronde clôturée par la ministre de la Santé. Marisol Touraine entend en effet faire de la mobilisation pour l’hôpital un engagement collectif.
La mission du Pr Carli portait à la fois sur l’organisation des urgences et la gestion du « non programmé » et sur l’optimisation de la gestion des lits d’aval. Parmi les solutions évoquées, on devrait retrouver le renforcement de la médecine ambulatoire et la création de circuits d’hospitalisation directe par exemple en gériatrie, mais aussi la mise en place de circuits courts pour les soins simples, ou encore le « bed management », un programme national de gestion des lits, auprès de 150 hôpitaux.
Fronde des urgentistes.
La remise de ce rapport ne devrait pas convaincre les urgentistes de renoncer à leur mouvement de grève prévu le 15 octobre. À l’appel de Samu-Urgences de France et de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF), ils cesseront de rechercher des lits d’aval si les autres services refusent leurs patients. Selon le président de l’AMUF Patrick Pelloux, les urgentistes passent parfois un tiers de leur temps à négocier un lit. « Je n’en peux plus de l’attente téléphonique au son de Vivaldi : c’est autant de temps perdu à ne pas vider la salle d’attente, témoigne-t-il. Il faut lever les verrous institutionnels et aller à l’encontre d’une culture incompréhensible qui fait que certains services n’acceptent pas d’hospitalisation la nuit, le week-end, les jours fériés. Il faut aussi rappeler leurs devoirs aux directeurs des hôpitaux qui sont responsables devant la loi des hospitalisations. »
Les solutions évoquées ne semblent pas de nature à apaiser le mécontentement. « Le bed management ? Foutaises ! Qui occupera les 150 postes de gestionnaires alors qu’il existe 690 services d’urgence ? Notre travail, c’est H24. Il nous faut des lits et des interlocuteurs », s’exaspère Patrick Pelloux. SAMU-Urgences de France appelle de son côté chaque hôpital à inventer sa propre politique d’hospitalisation.
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