Formes sévères du Covid-19 : Sanofi et Regeneron lancent un essai clinique pour évaluer le Kevzara

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Publié le 17/03/2020

Crédit photo : AFP

Le laboratoire pharmaceutique français Sanofi et l'américain Regeneron ont débuté un essai clinique pour évaluer leur médicament Kevzara dans le traitement des patients hospitalisés avec une forme sévère du nouveau coronavirus, ont-ils annoncé ce 16 mars.

Une étude clinique de phase 2/3 a débuté aux États-Unis, sous l'égide de Regeneron, tandis que Sanofi est en charge des essais à venir dans le reste du monde, notamment en Italie. 

Kevzara (sarilumab) est un immunosuppresseur développé en commun par Sanofi avec Regeneron, et lancé en 2017 pour traiter la polyarthrite rhumatoïde. Il s'agit d'un anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l'interleukine-6 (IL-6), une protéine du système immunitaire jouant un rôle dans le processus inflammatoire.

L'IL-6 pourrait jouer un rôle dans la réponse inflammatoire des poumons des patients sévèrement touchés par le Covid-19, précisent les deux laboratoires.

Evaluation de l'effet de Kevzara à court et long terme

Cet essai, mené dans une quinzaine de centres aux États-Unis sur 400 patients (recrutement en cours), vise à évaluer la pertinence d'associer Kevzara aux traitements symptomatiques, par rapport à un placebo, en termes de sécurité et d'efficacité. 

La première partie de l'essai évaluera l'effet du sarilumab sur la fièvre des patients et leur besoin en oxygénation supplémentaire. La seconde partie, qui se déploiera aussi en Europe, évaluera l'amélioration sur le long terme : la mortalité mais aussi la réduction des besoins en hospitalisation et oxygénation.

« Nous pensons qu'il y a des preuves scientifiques montrant que Kevzara peut être une option de traitement potentiellement importante pour certains patients  », explique John Reed, responsable monde de la recherche et développement de Sanofi, dans le communiqué.

Les données d'une étude menée sur 21 patients en Chine ont en effet montré que des patients ayant reçu un autre anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l'interleukine-6 (tocilizumab) avaient vu leur fièvre et leurs besoins en oxygénation supplémentaire réduits. Le tocilizumab est d'ailleurs actuellement testé à Naples, à l'hôpital Cotugno.

Coline Garré (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr