Près de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, le monde n’a toujours pas appris de ses erreurs, déplore le Global Preparedness Monitoring Board (GPMB), organisme indépendant créé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale.
Dans un rapport remis ce 26 octobre, à l’occasion du Sommet mondial de la santé à Berlin, le groupe d’experts dresse le constat d’un « monde inégal, divisé et irresponsable » et dénonce les échecs persistants de la réponse mondiale à la pandémie. « Si la première année de la pandémie de Covid-19 a été définie par un échec collectif à prendre au sérieux la préparation et à agir rapidement sur la base de la science, la deuxième a été marquée par de profondes inégalités et un échec des dirigeants à comprendre notre interdépendance et à agir en conséquence », est-il souligné.
Des constats et des recommandations déjà connus
En 2019, un premier rapport du GPMB sonnait déjà l’alerte sur la nécessité de préparer les crises à venir, mais « tout ce qu’on craignait est arrivé », a observé le coprésident du GPMB, Elhadj As Sy, lors d'un point presse à Berlin.
Ce premier rapport du GPMB avait déjà identifié « les principaux défis auxquels on a fait face », a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors du point presse. L’enjeu, selon lui, est désormais d’« écouter et agir », afin de « réparer le toit avant la prochaine pluie ».
Renforcement de l’OMS, augmentation des financements collectifs, partage des informations et des outils de lutte contre l’épidémie (des tests de dépistage aux vaccins, en passant par l’oxygène), coopération internationale, etc. : les recommandations sont connues et « ont déjà été énoncées », s’agace Ilona Kickbush, directrice du programme de santé mondiale à l'Institut universitaire des hautes études internationales et du développement (Suisse) et membre du GPMB, jugeant qu’une « volonté politique est désormais nécessaire ».
En mai dernier, le Panel indépendant d’experts mandaté par l’Assemblée mondiale de la santé pour évaluer la réponse à la pandémie avait déjà pointé les nombreux rapports aux « recommandations judicieuses » qui « prennent la poussière sur les étagères ».
Les experts du GPMB n’ont ainsi pas renouvelé l’exercice, mais appellent plutôt à un « contrat social mondial renouvelé ». « Des centaines de recommandations d'experts ont été formulées au cours des deux dernières décennies, de nouvelles structures ont été créées, mais le niveau d'ambition et d'action n'a pas été à la hauteur des besoins mondiaux », estiment les experts.
Nouvel appel à la mobilisation internationale
À partir de ces travaux antérieurs, le GPMB se concentre ainsi sur des actions à mettre en œuvre avant la fin de cette année. Les États membres de l'OMS sont ainsi invités à se mettre d'accord lors de la session extraordinaire de novembre 2021 de l'Assemblée mondiale de la santé sur la nécessité d'un accord international et du lancement d’un processus de négociation. L'Assemblée générale des Nations unies doit également être mobilisée et accepter de convoquer un sommet des chefs d'État et de gouvernement, avec d'autres parties prenantes, afin de lancer un processus préparatoire.
Au niveau de l’OMS, le Conseil exécutif doit convenir d'une « augmentation significative des contributions », afin de « financer de manière adéquate et durable les fonctions essentielles et les capacités de base de l'Organisation ». En parallèle, le bilan d’ACT-A - dispositif créé pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre le Covid-19 - doit être tiré et servir l’élaboration « d'un mécanisme de bout en bout pour la recherche et le développement et l'équité d’accès aux biens communs ».
Alors que le « coût de la crise dépasse largement les investissements nécessaires », selon Victor Dzau, président de l’Académie américaine de médecine et membre du GPMB, la question « n’est pas celle des ressources mais bien de leur partage », analyse la Dr Ayoade Alakija, coprésidente de l'Alliance africaine pour les vaccins (Union africaine) et membre du GPMB, rappelant que certains s’interrogent sur la dose de rappel des vaccins contre le Covid-19, quand d’autres « cherchent simplement de l’oxygène ».
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