L’échéance avait été annoncée au début du mois : le 14 mars, la France faisait tomber le masque. Le 12 mars, un décret est venu clarifier (ou pas) les conditions d’allègement des mesures sanitaires. Si, pour les transports publics, l’obligation du masque perdure, pour les établissements de santé et médico-sociaux, la décision est laissée à l’appréciation du responsable. De même, pour « l’ensemble des locaux accessibles aux patients », le texte précise que l’obligation de port du masque « peut être imposée par les responsables de structures ou locaux professionnels ». Laissant ainsi à l’appréciation de ces derniers son maintien ou pas.
Ce n’est que le 15 mars qu’un DGS-Urgent est venu préciser les modalités et surtout émettre des recommandations qui incitent fortement à garder le masque. Car si le texte rappelle que la décision revient aux responsables de structure (dont ceux des cabinets médicaux), ils sont « fortement incités à maintenir l’obligation du port du masque dans leurs locaux », tant pour leurs patients que pour leurs salariés. Une incitation « afin de protéger les plus fragiles de nos concitoyens alors que le virus continue de circuler », précise la DGS, avant de lister des catégories de patients pour lesquels le port du masque est « fortement recommandé », dont les personnes âgées, immunodéprimées, les malades chroniques, les personnes symptomatiques…
Face à cette fin d’obligation en demi-teinte, pour les médecins décidant de maintenir le port du masque dans leur cabinet, la décision sera-t-elle bien comprise et acceptée par leurs patients ? Syndicats et professionnels de santé affirment leur position. Sur Twitter, certains affichent leur choix avec le #JeGardeMonMasque. Le SML « exhorte les médecins libéraux à maintenir le port du masque ». Et pointe surtout un texte ne comportant « aucune directive claire ». L’UFML-S exprime un sentiment d’« abandon » de la médecine libérale qui risque de « se heurter (…) à l’opposition de certains patients au maintien du port du masque sur leurs lieux de soin ». À l’heure où l’épidémie de Covid repart à la hausse et où la métropole est en phase épidémique pour la grippe, le masque continuera-t-il d’être accepté par les patients ?
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