Édito

Cap sur 2029 ?

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Publié le 25/09/2021

Crédit photo : GARO/PHANIE

92 427, c’est le nombre de médecins généralistes qui devraient être en exercice en 2028, année où les effectifs atteindront leur plus bas niveau. C’est ce qui ressort des projections publiées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) le 21 septembre. La tendance devrait ensuite s’inverser pour atteindre 129 152 omnipraticiens en France en 2050. Ces projections sont établies à partir de « l’hypothèse de comportements et de législation constants », précise la Drees. Elles dépendront notamment du nombre de futurs médecins qui viendront grossir les rangs de la profession. Notons qu'un arrêté publié la semaine dernière fixe à 51 505 le nombre d'étudiants qui auront accès à la formation de médecin, toutes spécialités confondues, entre 2021 et 2025.

Sur le mode d’exercice, le libéral semble trouver un regain d’adoption. Ces dernières années, une érosion du nombre de généralistes libéraux exclusifs est observée au profit du salariat et de l’exercice mixte. Début 2021, ils étaient 57 533 sur les 100 621 MG. Or, à l’inverse de cette tendance, l'exercice libéral pourrait remonter légèrement pour passer de 66 % en 2022 à 69 % en 2050. Mais qu’en sera-t-il de l’exercice mixte ? Les chiffres de la Drees ne le mentionnent pas ! La tendance à la féminisation de la profession est, elle, confirmée. Les femmes devraient représenter 53 % des médecins généralistes en 2022. La proportion devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2040 pour ensuite rester stable autour de 64 %.

La Drees alerte cependant : « compte tenu de l’augmentation de la population, ce scénario entraîne une diminution de la densité médicale en France dans les prochaines années. Par rapport à ces tendances, augmenter de 20 % le nombre d’entrants en formation en France conduirait à combler ce creux démographique environ trois ans plus tôt ». Alors que, ces dernières années, le chiffre oscille autour de 150 généralistes pour 100 000 habitants, on pourrait descendre à 134,6 en 2026 avant de remonter pour atteindre une densité de 183,1 en 2050. Encore faudra-t-il que l'offre soit répartie sur tout le territoire…

Aurélie Dureuil, directrice de la rédaction


Source : Le Généraliste