Alors que la France semble un peu souffler sur le front du Covid, tous les signaux virent au rouge sur le plan de la santé mentale. Le sujet avait été identifié dès l’annonce du premier confinement, en mars 2020. Santé publique France avait notamment lancé l’enquête CoviPrev pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale au sein de la population. Les résultats de septembre 2021 révèlent que 23 % des Français présentent des signes d’état anxieux, soit 10 points de plus qu’avant l’épidémie, et ils sont 63 % à déclarer des problèmes de sommeil, une hausse de 14 points, selon l’étude. Signes d’état dépressif et déclarations de pensées suicidaires ont également augmenté.
Les généralistes se trouvent ainsi confrontés à cette dégradation de la santé mentale de nos concitoyens. En témoigne l’étude de la Drees publiée la semaine dernière. Sur la période de janvier à avril 2021, « les demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou dépressifs restent plus soutenues qu’avant l’épidémie de Covid-19 : 72 % des médecins généralistes estiment que ces demandes sont plus fréquentes qu’à l’ordinaire ».
Et si les généralistes sont de plus en plus sollicités par leurs patients sur ces troubles, ils ne sont pas épargnés sur le plan personnel. C’est ce que révèle notre dossier. Pourtant, peu de données existent en France. « Une étude menée auprès de 1 379 soignants en Italie a montré que les médecins généralistes étaient plus exposés à l’état de stress post-traumatique que les autres soignants », indique dans nos pages le Dr Jasmina Mallet, psychiatre à l’AP-HP, qui a, avec le Dr Sélim Guessoum, mené une revue systématique mesurant l’impact de la pandémie sur l’état psychique de plus de 100 000 professionnels de santé à l’échelle mondiale. En première ligne dès le début de la pandémie, les omnipraticiens ont assuré le suivi des patients, puis se sont mobilisés pour la vaccination. Si les autorités semblent sensibilisées au sujet de la santé mentale des Français, il s’agit maintenant de ne pas oublier de soutenir les médecins généralistes et de mettre en place des dispositifs pour les accompagner…
Aurélie Dureuil, directrice de la rédaction
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