« Un grand jour pour le système de santé », c’est ainsi qu’a qualifié Olivier Véran le lancement en grande pompe de Mon espace santé jeudi dernier. Chacun disposera dorénavant d’un espace pour « stocker et accéder » à ses données de santé « en toute confiance et en toute sécurité », rappelle le ministère. Une « révolution », digne de celle vécue 25 ans auparavant avec la carte Vitale, se félicite encore le ministère dans son invitation, sans mentionner le DMP qui a, lui, peiné à se faire sa place. En témoigne le faible chiffre de 10 millions de Français l’ayant ouvert et partiellement rempli. Cette fois-ci, l’espace santé sera ouvert d’emblée pour tous les citoyens, exceptés ceux qui s’y opposeront.
Promis dans la feuille de route du numérique en santé d’avril 2019, cet espace santé se présente donc comme « un carnet de santé numérique augmenté ». Et pour cause, il contiendra les informations de santé enregistrées par chacun, celles du dossier médical, ainsi qu’une messagerie sécurisée permettant de correspondre avec un professionnel de santé. Et d’autres services s’ajouteront au fil du temps, comme un catalogue d’applications et un agenda de santé.
Mais pour son démarrage, cet espace semble bien vide. Et il faudra compter sur la motivation de chacun pour le remplir : profil santé, ordonnances et comptes-rendus médicaux… Car pour son remplissage automatique par les professionnels de santé, il faudra attendre encore un peu que les logiciels métiers le permettent… La messagerie avec les patients est, elle, active dès lors que le médecin dispose d’une messagerie sécurisée de santé. Si une enveloppe du Ségur numérique est dédiée à la mise à niveau des logiciels et au déploiement des mises à jour chez les professionnels, cela pourrait prendre jusqu’à 18 voire 24 mois. Un accompagnement est d’ailleurs prévu par les pouvoirs publics pour intégrer ces mises à jour puis utiliser les fonctionnalités d’échange via les espaces santé de leurs patients. Le « décollage » voulu par le ministère reposera donc sur l’engagement des patients à faire vivre leur espace santé.
Aurélie Dureuil, directrice de la rédaction
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