DOUZE PRATICIENS ont posté leur lettre de démission la semaine dernière. À l’exception du chef de service, tout le staff médical des urgences de l’hôpital de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, a jeté l’éponge. Tenue par un préavis, l’équipe reste en poste et travaille normalement, dans l’attente des premiers départs courant janvier - sauf si la situation se décoince d’ici là.
Les raisons de ce ras-le-bol collectif sont multiples. La hausse de la fréquentation des urgences enregistrée depuis 2003 n’a pas été compensée par des recrutements (de Noël à mars, en raison des dix stations de ski alentour, le bassin passe de 125 000 à 300 000 habitants, et l’activité bondit de +10 % par an). Cet hiver, le rythme de travail devrait encore s’intensifier : le mois dernier, la clinique de Thonon qui prenait en charge certaines urgences chirurgicales a fermé. « La création du DESC de médecine d’urgence a réduit le nombre de médecins qualifiés. Sur l’arc alpin, seuls quinze spécialistes sont formés chaque année », déplore le Dr Guillaume Peribois (AMUF).
Flux tendu.
Dans ce contexte de travail à flux tendu, les urgentistes regrettent que l’hôpital n’ait pas mis les moyens sur la table pour créer une 3e ligne de garde en haute saison. « Sans cette 3e ligne de garde, la sécurité des soins n’est pas satisfaisante », estime le Dr Peribois.
L’ancienne direction s’était engagée à renforcer l’équipe à l’aide d’un médecin d’accueil et d’orientation, installé de façon progressive - d’abord six mois par an, puis à longueur d’année. La promesse n’a pas vu le jour. Les urgentistes, qui demandent en outre un bureau médical « pour accueillir les familles dans des conditions décentes », sont las de n’être pas entendus. Ils démissionnent donc. « Notre action est réfléchie, sérieuse, sensée. Nous sommes face à des conditions de travail très dures (...) et nous sommes déterminés à mener notre combat jusqu’au bout », prévient le Dr Abou-Thouraya, porte-parole des urgentistes démissionnaires.
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