Mobilisation à tous les étages : la vague du mouvement de grève du 5 au 15 janvier, à l’initiative des syndicats de médecins libéraux, gagne toutes les générations, avec le renfort confirmé des externes et des internes. « Je suis justement en train de rédiger le préavis de grève que va déposer l’Association nationale des étudiants en médecine », confie ce vendredi Marion Da Ros Poli, présidente de l’Anemf, jointe ce vendredi par Le Quotidien.
La jeune femme table sur la mobilisation d’une « grande majorité » des quelque 50 000 étudiants, notamment le 10 janvier pour la manifestation nationale à Paris. « Mais au-delà de cette journée d’action, nous enjoignons les externes à faire la grève des stages dès le 5 janvier pendant les dix jours du mouvement, aux côtés des syndicats seniors, contre la loi de financement de la Sécu », développe la cheffe de file des carabins. Dans son collimateur, un texte qui « bafoue les négociations conventionnelles », analyse Marion Da Ros Poli.
Mouvement vital
Son de cloche identique du côté des syndicats d’internes. « Nous appelons tout le monde à participer au mouvement de grève. Du 5 au 15 janvier, les internes ne répondront plus », affirme ce vendredi Mélanie Debarreix, présidente de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), à l’issue de son assemblée générale. « Nous rejoindrons et nous amplifierons la mobilisation unitaire lancée par les syndicats de médecins libéraux. Ce mouvement est vital pour défendre la pérennité de notre système de santé, hospitalier et libéral », avance l’Isni.
Ondam jugé « insuffisant » au regard des besoins, déremboursement des prescriptions des médecins de secteur 3 (hors convention), possibles modifications tarifaires « sans réfléchir sur la pertinence », DMP rendu obligatoire, la présidente de l’Isni est remontée, à l’instar des syndicats de praticiens installés. Parmi les quelque 36 000 internes en médecine, certains ont prévu parallèlement de participer à l’opération d’exil symbolique à Bruxelles, à l’initiative cette fois des spécialités de bloc opératoire.
Pas en reste, Atika Bokhari, son homologue de l’Intersyndicale des internes de médecine générale (Isnar-IMG), appelle les 12 000 internes de médecine générale à manifester massivement en janvier leur opposition à la nouvelle loi Sécu (mais aussi à celui sur les fraudes). « Alors que nous sommes attachés au secteur 1, le gouvernement rend le système conventionnel asphyxiant pour les médecins libéraux et malmène la relation médecin-patient. Pour les généralistes, la mesure de mise sous tutelle des médecins prescripteurs d’arrêts de travail en est un exemple flagrant », ajoute Atika Bokhari.
Qu’espèrent les juniors de cette mobilisation unitaire ? « Il existe encore des voies de recours », explique Mélanie Debarreix, « et d’abord, le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer sur la conformité du texte. Mais c’est surtout au moment de la publication des décrets d’application que nous saurons si nous avons été entendus par le gouvernement ».
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