La ministre de la Santé semble particulièrement affectionner la téléconsultation. Comme il y a trois semaines lors du Congrès de la CSMF, Agnès Buzyn n’était présente que virtuellement aux Journées du SML (syndicat des médecins libéraux) pour s’adresser aux quelque 200 adhérents du syndicat réunis à Palavas-Les-Flots (Hérault). Encore une fois, la loi de bioéthique a immobilisé la ministre de la santé à Paris. Pourtant Agnès Buzyn l’a assuré, elle est bel et bien aux côtés et surtout du côté des médecins. « Pour défendre les médecins il faut avoir le cuir solide. Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a reproché de conduire une réforme médico-centrée. Je ne compte plus non plus le nombre de fois où j’ai dû résister à l’insistance de certains qui voulaient mettre un terme à la liberté d’installation », a-t-elle insisté. Et la ministre l’a rappelé, pour sa réforme de santé, elle a décidé de « faire confiance aux professionnels, au terrain ». Le Dr Philippe Vermesch, président du SML regrettait que justement la ministre ne soit pas venue au contact du terrain. « Force est de constater que nous avons désormais une téléministre qui préfère intervenir en téléconsultation », a-t-il ironisé.
Des CPTS simplifiées : un souhait partagé
En effet, les membres du syndicat auraient souhaité pouvoir interpeller directement Agnès Buzyn sur les sujets chauds qui les préoccupent aujourd’hui. Sur les CPTS, le Dr Vermesch a rappelé que le SML avait « joué le jeu » en signant l’accord interprofessionnel, mais que sur le terrain on essayait de compliquer la tâche des médecins. « Impossible de constituer une CPTS sans recourir aux spécialistes de la paperasse des ARS et des URPS ». Inquiétude aussi sur les délégations de tâches, « le gouvernement a décidé unilatéralement de distribuer à d’autres, non pas les formalités administratives qui nous envahissent, mais nos tâches médicales les plus simples », a souligné le Dr Vermesch. Le président du syndicat a profité de la présence de Nicolas Revel dans la salle pour évoquer à nouveau son inquiétude de voir la valeur de l’acte stagner et sa volonté de négocier l’extension des horaires de la PDSA, un tarif de visite longue à 70 euros pour les patients ALD de plus de 80 ans ou une majoration de 15 euros pour la prise en charge des soins non programmés.
Et le directeur général de la Cnam ne s’est pas défilé au moment de répondre aux inquiétudes et interrogations des médecins quitte à parfois susciter la désapprobation de la salle. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout mais j’espère que nous le sommes quand même sur l’essentiel », a-t-il exprimé. Sur les CPTS et leur lourdeur administrative, Nicolas Revel l’assure « nous avons donné pour consignes que les exigences de départ soit assez minimales : est ce que le territoire proposé à un sens, est ce que les porteurs de projet vont savoir fédérer et le projet va-t-il se poursuivre sur le long terme. Ça doit pouvoir se faire en deux trois pages ». Le directeur de la Cnam a également voulu redire aux médecins que les ARS ont pour consigne de laisser la main aux professionnels, « il faut s’interdire d’arriver avec une carte déjà fixée, c’est le pire du pire. Il faut nous faire remonter ce genre de situation et nous avons déjà mis le holà dans une région où l’ARS avait pu avoir cette tentation ».
Majoration pour les soins non programmés : une fin de non-recevoir
Sur la majoration pour les soins non programmés, Nicolas Revel a été très clair, il pense que c’est une mauvaise idée qui peut avoir « des effets pervers » et d’un point de vue budgétaire : « l’argent que nous mettrons là-dedans, nous ne le mettrons pas ailleurs. Il faut savoir où nous fixons nos priorités car je ne vais pas vous mentir on ne cumulera pas ». Du côté rémunération et face à un syndicat grand défenseur du paiement à l’acte, Nicolas Revel a malgré tout réaffirmé, « la rémunération à l’acte n’a pas toutes les vertus et n’est pas adaptée à tout. Ce qui ne veut pas dire que nous ne ferons que du forfait ».
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