La première année de la rémunération sur objectif de santé publique (ROSP), nouvelle génération, qui avait vu le jour avec la convention de 2016, avait été quelque peu chaotique obligeant l’Assurance Maladie à déclencher la clause de sauvegarde pour éviter que les médecins soient trop perdants au titre de l'année 2017.
7 585 euros pour les 3 forfaits
Après une année de transition, la Rosp semble être repartie sur de bons rails en 2018. En effet, d’après les chiffres communiqués par l’Assurance maladie, les généralistes vont toucher une prime plus conséquente cette année. Entre ce vendredi 26 et le mardi 30 avril, plus de 50 000 médecins de famille percevront 4 915 euros en moyenne (contre 4 621 euros en 2017) au titre de la Rosp adulte *. Entre le 13 et 15 mai, la Rosp enfant de 153 euros de moyenne (contre 72 euros pour 2017) sera versée à près de 40 000 généralistes. Enfin, avant à la fin du mois de mai (entre le 20 et 22 mai), les omnipraticiens toucheront un forfait structure de 2 517 euros en moyenne (contre 1 455 euros en 2017).
L'année 2018 s'annonce donc un meilleur cru que la précédente. Au total dans les prochaines semaine, les généralistes exclusifs recevront en moyenne 7 585 euros au titre des trois forfaits cités, ce qui correspond à 23 % d’augmentation par rapport à 2017, selon la CNAM.
« L’année dernière 74 % des indicateurs était en progression, en 2018 nous sommes à 83 %, se félicite Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance maladie. Par ailleurs, davantage de généralistes sont bénéficiaires de la Rosp adulte, 50 785 en 2018, soit environ 1 000 de plus qu’en 2017. Nous retrouvons donc une dynamique de progrès. »
Bons en efficience, moins en prévention
Dans le détail, les résultats sur le volet efficience des prescriptions sont positifs avec des taux d’atteintes élevés (71 % en moyenne), tous les indicateurs étant au vert. L’année dernière, l’Assurance maladie et les médecins s’étaient mis d’accord pour neutraliser les deux items de prescription de génériques pour l’asthme et l’incontinence urinaire, jugés peu pertinents. Les résultats pour 2018 sont particulièrement bons pour les prescriptions de biosimilaires de l’insuline glargine (+6,3 points) ou celles de génériques pour l’hypertension (92,7 % prescrits dans le répertoire, +4,2 points). « Objectivement, pour la part de statines prescrites dans le répertoire des génériques (98,1 %, +7,3 points sur un an), les résultats sont très bons parce qu’avec les brevets du Crestor, la totalité des statines sont maintenant dans le répertoire », souligne Nicolas Revel.
Concernant la prévention, les résultats sont en revanche plus mitigés. Les voyants sont au vert pour la vaccination de la grippe des personnes âgées (+2,4 points) et les personnes à risque (+2,1 points). Le directeur général de la Cnam y voit un effet possible des différentes campagnes menées sur le sujet, « le discours général sur la vaccination semble avoir produit des effets », note-t-il. Sur l’antibiothérapie, les médecins continuent sur la bonne dynamique de l’année dernière, avec moins de prescriptions d’antibiotiques. En revanche les résultats sont décevants pour le dépistage des cancers. Après les mauvais chiffres de 2017, l’heure est à la stabilisation pour le cancer du sein, mais les indicateurs sont dans le rouge pour le cancer du col de l’utérus (-0,7 points) et celui du côlon (-1 point). « Nous avions bien progressé l’année dernière, je ne m’explique pas cette baisse d’un point car il n'y a pas eu de rupture d'approvisionnement en 2018 », précise M. Revel.
Enfin sur le suivi des pathologies chroniques, les deux indicateurs de dépistage de la maladie rénale chronique (chez les patients diabétiques ou hypertendus), continuent leur forte progression. « Plus de 100 000 patients diabétiques et 210 000 patients hypertendus sont mieux dépistés », souligne l’Assurance maladie. En revanche les items pour le suivi des patients à risque cardio-vasculaire stagnent ou sont en baisse. « Les résultats sont mauvais sur les dosages d’INR pour les patients sous AVK avec une dégradation d’1,2 point, nous en discuterons avec les syndicats médicaux », explique Nicolas Revel.
1 000 euros de plus pour le forfait structure
Si le montant de la Rosp de l’enfant reste assez modeste (153 euros par généraliste), le nombre d’enfants ayant un médecin traitant déclaré a presque doublé en un an passant de 2,2 millions à 4 millions. Dans 86,6 % des cas, le professionnel choisi était d’ailleurs un généraliste. Quant au forfait structure, la montée en charge était prévue avec une augmentation du nombre de points (250 maximum et 2017, 535 pour 2018, 735 en 2019), il est donc logique que le montant moyen perçu augmente de presque 1 000 euros (2 517 euros en 2018 contre 1 455 l'année précédente), même si un peu moins de médecins percevront cette somme. « 41 932 généralistes avaient touché le forfait structure l’an dernier, ils seront 40 721 cette année. En 2017, ils pouvaient recevoir ce forfait avec seulement quatre des cinq prérequis sur le volet 1. Comme prévu, cette tolérance n’a pas été renouvelée », souligne Nicolas Revel.
* La prime moyenne est de 4 705 euros pour les 55 102 généralistes libéraux (en incluant les médecins à expertise particulière)
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