Au titre de 2018, quelle prime moyenne de la Rosp les généralistes vont-ils percevoir ?
Nicolas Revel : Les généralistes vont recevoir successivement plusieurs paiements : la Rosp adulte entre le 26 et le 30 avril, la Rosp enfant entre le 13 et 15 mai et le forfait structure entre le 20 et le 22 mai. Les médecins généralistes exclusifs percevront en moyenne 4 915 euros pour la Rosp adulte (contre 4 621 l’année précédente). La Rosp du médecin traitant de l’enfant s’élève à 153 euros (contre 72 l’an dernier). Quant au forfait structure, il est porté à 2 517 euros (1 455 euros pour 2017). Pour ces trois éléments forfaitaires, un généraliste avait touché en moyenne 6 163 euros pour 2017. Il percevra 7 585 euros au titre de 2018 (23 % d’augmentation).
2018 est donc une bonne année ?
N. R. : Les résultats mesurés par les indicateurs sont globalement en hausse. L’année dernière, 74 % des indicateurs étaient en progression. En 2018, nous atteignons 83 %. Par ailleurs, 50 785 généralistes sont bénéficiaires de la Rosp adulte en 2018, soit environ un millier de plus qu’en 2017. Nous retrouvons une dynamique de progrès.
Les bons résultats sur le volet efficience sont-ils liés à l’aménagement des seuils ?
N. R. : Les ajustements de seuil ne font pas les bons résultats. Nous n’avons pas modifié les indicateurs, nous avons simplement changé à partir de quel résultat un médecin commençait à être éligible à la Rosp. Sur l’efficience, tous les indicateurs mesurés évoluent dans le bon sens. Objectivement, pour la part de statines prescrites dans le répertoire des génériques (98,1%, +7,3 points sur un an), les résultats sont très bons parce qu’avec les brevets du Crestor, la totalité des statines sont maintenant dans le répertoire. Le résultat est intéressant pour les médicaments contre l’hypertension artérielle (92,7 % prescrits dans le répertoire, +4,2 points). La progression est aussi très significative sur la prescription de biosimilaires de l’insuline glargine (+6,3 points). C’est un signal que la Rosp a porté, les généralistes ont répondu présent.
Les résultats sont en revanche plus contrastés sur la prévention.
N. R. : Le discours général sur la vaccination semble avoir produit des effets. La part des plus de 65 ans et de 16 à 64 ans en ALD vaccinés contre la grippe saisonnière a augmenté (respectivement de +2,4 et +2,1 points). Sur l’antibiothérapie, nous restons sur la bonne dynamique de l’année dernière. Concernant le dépistage des cancers, le résultat est en revanche à nouveau décevant. Pour celui du sein, il y a une stabilisation mais nous sommes étonnés de voir les mauvais chiffres sur le cancer colorectal après une bonne progression l’année dernière. Or, en 2018, la part de patients de 50 à 74 ans pour lesquels a été réalisé un dépistage a baissé d’un point. Nous ne nous l’expliquons pas très bien car en 2018, il n’y a eu aucune rupture d’approvisionnement de kits de dépistage.
Quels sont les motifs de satisfaction dans le suivi des pathologies chroniques ?
N. R. : La progression est significative sur deux indicateurs récents : le dépistage de la maladie rénale chronique (chez les diabétiques et chez les hypertendus). Leur introduction dans la Rosp a manifestement conduit à une plus forte attention sur ces sujets. En revanche, les résultats sont mauvais sur les dosages d’INR pour les patients sous AVK avec une dégradation d’1,2 point. Nous en discuterons avec les syndicats.
4 millions d’enfants disposent d’un médecin traitant. Est-ce un motif de satisfaction ?
N. R. : Aujourd’hui, environ un tiers des moins de 16 ans ont un médecin traitant (généraliste dans 86 % des cas, ndlr). Deux fois plus qu’il y a un an. Nous n’avions pas d’hypothèse sur la montée en charge, mais elle est là et se poursuit. Nous visons à ce que les enfants atteignent le pourcentage des adultes ayant un médecin traitant (environ 90 %).
La montée en charge du forfait structure est-elle en ligne avec vos prévisions ?
N. R. : Le budget global du forfait structure passe de 89 à 142 millions. Le nombre de bénéficiaires baisse légèrement cette année car en 2018, les médecins pouvaient toucher ce forfait avec seulement quatre des cinq prérequis sur le volet 1. Cette tolérance n’a pas été renouvelée. 41 932 généralistes avaient touché le forfait structure l’an dernier, ils seront 40 721 cette année et percevront en moyenne 1 000 euros supplémentaires.
La Rosp et les forfaits sont assez critiqués par les médecins qui ne veulent pas que leur proportion augmente, le regrettez-vous ?
N. R. : Il est assez logique et légitime que ces problématiques de prévention, de suivi, d’efficience médico-économique soient intégrées dans les modes de rémunération. La part de la Rosp dans la rémunération totale des médecins reste très modeste mais elle a un vrai sens, permet d’avoir des signaux utiles et produit des effets positifs, comme nous avons pu le mesurer encore cette année.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur