Redonner du temps au médecin, la formule est martelée depuis plusieurs mois et a été un thème clé pour l’accès aux soins pendant la campagne présidentielle française. Et face au développement du numérique à tous les niveaux de la société, l’essor de ces nouvelles technologies dans les cabinets pourrait-il être un levier ?
Les résultats d’une étude menée aux États-Unis ne semblent pas aller dans ce sens. Publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama), « cette étude transversale révèle que la documentation pèse sur les médecins américains », estiment ses auteurs. Elle s’appuie sur l’analyse des réponses de plus de 1 500 médecins exerçant en cabinet à l’enquête nationale sur les dossiers médicaux électroniques (National Electronic Health Records Survey) de 2019.
Plus de 64 % des médecins satisfaits des dossiers médicaux électroniques
64,1 % des répondants se montrent satisfaits des dossiers médicaux électroniques (27,9 % ne le sont pas, et 8 % ont un avis neutre). Cette proportion monte à 67 % pour les médecins en soins primaires. Ces derniers sont par ailleurs 65,9 % à trouver facile l’utilisation (64,5 % pour l’ensemble des médecins).
Pourtant, les médecins en soins primaires sont plus nombreux à consacrer entre deux et quatre heures en moyenne chaque jour à la documentation « en dehors des heures de bureau ». Ils sont 26,6 % (contre 24 % pour l’ensemble des médecins). 41,1 % des praticiens y passent en moyenne 1 à 2 heures par jour (41,4 % pour l’ensemble des médecins). Une durée qu’ils jugent à 59 % inappropriée. Et 57,1 % des médecins en soins primaires estiment que cela réduit leur temps avec les patients (58,1 % pour l’ensemble des répondants).
Des différences en fonction des pratiques
L’étude s’est également intéressée au temps passé à la documentation (tout en pointant l’absence de définition de ce terme dans l’enquête nationale) en utilisant des dossiers médicaux électroniques (1,84 h en moyenne) ou non (1,1 h en moyenne). Et cette durée dépasse les deux heures quotidiennes pour ceux participant à une Accountable care organisation (organisations de soins coordonnés associant notamment paiement à la performance) ou un programme de rémunération au rendement.
Une spécificité américaine soulignée par les auteurs : « la grande majorité des médecins américains ont indiqué que les tâches liées à la facturation exacerbent leur fardeau de documentation, ce qui suggère que les stratégies de paiement spécifiques aux États-Unis, par rapport aux dossiers médicaux électroniques en soi, expliquent une partie de la surcharge ». Ils pointent également que « par rapport aux utilisateurs de dossiers médicaux électroniques dans d'autres pays, les médecins américains dépensent plus de temps ».
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