L’épidémie de coronavirus a indéniablement boosté la téléconsultation. Les généralistes sont encouragés à la pratiquer et de nombreuses plateformes ont simplifié son accès pour les professionnels.
C’est le cas de Doctolib qui a rendu ce service gratuit pour les professionnels au début de l’épidémie. Jusqu’à présent la start-up comptait 3 500 généralistes qui utilisaient le service de téléconsultation. Depuis un mois, les demandes de rendez-vous pour des consultations vidéo ont été multipliées par 18, indique Doctolib. Chez les généralistes utilisant les services de la start-up, la part des téléconsultations a bondi de 4 à 18 % entre samedi et aujourd’hui et cette évolution ne va sûrement pas s’arrêter là.
80 000 professionnels équipés
Pour répondre à cette demande croissante, l’entreprise indique que d’ici à vendredi, elle va permettre à 80 000 professionnels de santé d’installer et d’utiliser gratuitement la téléconsultation. Parallèlement elle lance aussi un baromètre Covid-19, synthèse hebdomadaire de ses enquêtes quotidiennes auprès des 15 000 généralistes de sa base, sur l’organisation et les besoins des médecins face à l’épidémie.
La première édition de ce baromètre, présentée aujourd’hui, montre que déjà la quasi-totalité des généralistes (96 %) ont adapté leurs habitudes de consultation, notamment en se rendant disponibles plus rapidement pour leurs patients. Ainsi, 73 % des médecins interrogés déclarent être disponibles dans les 24 heures et 92 % dans les 48 heures. Alors que nombre d’entre eux (79 %) ont déjà reçu un patient suspecté d’être atteint de Covid-19, une majorité (52 %) prévoit des plages spécifiques pour ces patients, 35 % leur proposent aussi une téléconsultation. Un tiers explique également reprogrammer les consultations non urgentes ou arrêter les visites. Et l’aménagement de la salle d’attente est également fréquent.
Une téléconsultation de guerre
Le Dr Jonathan Favre, généraliste à Villeneuve d’Ascq témoigne de ces changements nécessaires pour gérer la crise : « Nous avons fermé notre salle d’attente et nous demandons aux patients d’attendre à l’extérieur à une distance de sécurité. Les cas suspects sont calés en fin de demi-journée pour pouvoir nettoyer le cabinet ensuite et nous n’avons plus d’accueil physique », détaille-t-il. S’il utilisait déjà la téléconsultation avant l’épidémie, son usage de celle-ci a également évolué. « J’ai tout passé en téléconsultation et sur les premiers jours j’avais environ 50 % de mes consultations en vidéo alors qu’à la base, c’est plus de l’ordre de 5 %. J’ai aussi formé mes étudiants pour qu’ils puissent en faire », explique-t-il.
Le Dr Marie Msika Razon, généraliste dans le 14e arrondissement de Paris, était elle aussi déjà utilisatrice de la téléconsultation auparavant, mais elle considère qu’une fois la crise passée, des habitudes pourraient rester chez certains de ses confrères. « Beaucoup ne s’étaient jamais équipés et la situation les oblige à se lancer donc pour eux cela entraînera sûrement des changements ». Même si le Dr Favre estime que la téléconsultation pratiquée en ce moment est spécifique à la situation, « c’est une téléconsultation de guerre, c’est du triage. En gros ce que l’on nous demande de faire c’est un peu du super 15, on trie les gens, on évalue en téléconsultation la gravité pour les faire rester chez eux et éviter d’emboliser le 15. C’est adapté à la médecine de guerre et la téléconsultation le permet, mais on ne pourra pas le faire après car les gens attendent une médecine plus humaine », souligne-t-il
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