La frilosité voire l'opposition de certains médecins vis-à-vis de la vaccination les expose à ne pas respecter le code de déontologie. L'article 32 du code de déontologie précise, en effet, que « le médecin s'engage à assurer au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science ». Le Code civil pourrait également être invoqué puisque l’article 1383 dit que « chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait mais encore par sa négligence ou par son imprudence ».
Beaucoup de médecins ignorent aussi la décision de la cour de cassation qui a introduit en 2007 la notion de perte de chance. « Le seul préjudice indemnisable à la suite du non-respect de l’obligation d’information de la part du médecin, laquelle a pour objet d’obtenir le consentement éclairé du patient est la perte de chance d’échapper au risque qui s’est finalement réalisé » (arrêt de la cour de cassation de 2007). Imaginons la réaction des parents dont l'enfant décède d'une méningite C quand ils apprennent qu'il existait un vaccin dont leur médecin ne leur a pas parlé… Le médecin peut avoir ses propres convictions, ses propres croyances néanmoins. « Même si la science médicale n n’a pas une portée absolue, elle donne des indications générales qui seront suivies intégralement dans la plupart des cas, mais il faudra parfois personnaliser une conduite pour y apporter les nuances de l'art médical. » Nous faisons cela tous les jours : on appelle cela l'expérience ou le pragmatisme.
Mais, dit encore le code, « ces nuances ne sont pas le fruit d'une inspiration personnelle extemporanée. Elles doivent pouvoir être justifiées sur des critères objectifs ». Le médecin doit présenter à ses patients toutes les possibilités qui s'offrent à lui sans faire interférer ses propres choix.
Pour éviter par anticipation tout procès d'intention, de nombreux médecins seront surpris d apprendre que ce n’est pas le conseil de l'Ordre qui rédige le code de déontologie mais le Conseil d'État. Ce code fait partie du Code de la santé publique et il est donc… la loi française.
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