Sur quoi doit déboucher la vaste concertation annoncée par Marisol Touraine sur la vaccination ? Surtout pas sur une levée de l’obligation, insistent par avance l’Académie de médecine et l’Ordre. Les deux institutions ont pris position mardi sur ce débat. « L’Académie nationale de médecine et le Conseil National de l’Ordre des Médecins recommandent de ne pas remettre en cause le principe de l’obligation vaccinale, et de veiller à faire respecter des règles d'exigibilité à même d'assurer une réelle protection de la population », expliquent-ils.
A mots couverts, ordinaux et académiciens suggèrent même d’aller plus loin que l’obligation actuelle. Rappelant que seuls que « trois vaccins sont actuellement obligatoires en France (diphtérie, tétanos, poliomyélite), ils expliquent qu’ils « ne couvrent qu’une faible partie des risques infectieux encourus sur notre territoire ». « Tous les autres vaccins sont « recommandés », alors qu’ils protègent contre des maladies à prévalence élevée et à fort impact en santé publique, » semblent regretter les deux organismes. Et de citer « des maladies comme l’hépatite B, les infections à papillomavirus oncogènes (…) ou les méningites à méningocoques pour lesquelles la vaccination est seulement recommandée » et qui « ont paradoxalement un bilan plus lourd que des maladies pour lesquelles la vaccination est obligatoire ».
Dans une moindre mesure, les préoccupations de l’Académie et de l’Ordre porte aussi sur des maladies plus rares de nos jours, comme la rougeole, la diphtérie ou le tétanos, qui « peuvent encore survenir, entraînant de graves séquelles, sinon des décès, lorsque la couverture vaccinale est insuffisante. »
Au total, les deux institutions plaident pour que les autorités établissent « une liste des vaccinations exigibles qui devra être révisée périodiquement en fonction des données épidémiologiques et pour une information large du public et des professionnels de santé.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur