Dernière tendance du monde de la e-santé : mettre en relation un patient et un médecin par la géolocalisation et privilégier ainsi la visite à domicile plutôt que le passage aux urgences.
Après le lancement en avril de Docadom, deux médecins, l'un parisien et l'autre lyonnais, proposent de mettre en contact rapidement patients et praticiens pour des consultations à domicile, grâce à la géolocalisation.
Une expérience personnelle douloureuse a emmené le Dr Charles Mimouni, ancien biologiste libéral et urgentiste, sur la voie de la santé numérique. « Ma famille n'a pas été en mesure de trouver un médecin, un dimanche à 10 heures, pour rendre visite à une personne âgée affaiblie. Cette dame est décédée le lendemain », raconte-t-il.
Avec son fils étudiant en médecine et un partenaire diplômé d'HEC, le Dr Mimouni a créé Medadom. 24h/24 et 7j/7, cette plateforme géolocalise les médecins partenaires afin d'intervenir le plus rapidement possible au domicile du patient qui a fait appel à ses services. 50 praticiens (libéraux, hospitaliers, pour l'essentiel généralistes ou urgentistes) ont signé un contrat avec Medadom. Depuis le début de l'été, la plateforme a enregistré 700 appels d'usagers, dont 400 ont débouché sur une visite à domicile dans les trois heures qui ont suivi la mise en relation. La plateforme se rémunère en facturant cinq euros par visite effectuée. Le médecin est libre de ses honoraires, qu'il doit signifier à l'écrit au patient avant de se déplacer. À terme, le Dr Mimouni espère pouvoir assurer 10 000 visites par mois sur toute la France.
Demande de flexibilité
Pour le Dr Michael Loeb, anesthésiste-réanimateur dans une clinique mutualiste à Vénissieux (Rhône-Alpes) et fondateur de Docariv, le point de départ est professionnel. « Je vois dans ma pratique la saturation des urgences et l'impact économique sur le système de santé, témoigne-t-il. Les jeunes médecins, eux, sont en demande de flexibilité dans leurs horaires de travail. On peut concilier ses deux données. » Docariv agit « dans le cadre de l'urgence et uniquement si le médecin traitant ne peut pas se déplacer », précise le spécialiste. Sa solution repose sur le même principe que celle de son confrère parisien. Mettre en musique (sur le Grand Lyon) les visites à domicile pour des urgences non vitales (suspicion d'appendicite, détresse respiratoire, etc.) par des médecins de tous horizons, en poste, remplaçants ou proches de la retraite, aux honoraires libres (une vingtaine de médecins y ont souscrit pour l'instant. Petite originalité : les patients peuvent se voir facturer des dépassements en cas de visite médicale jugée injustifiée (60 euros, 65 euros s'il s'agit d'un enfant de moins de 6 ans). L'inscription à la plateforme est gratuite pour les médecins et les patients. Les praticiens délimitent leur périmètre d'intervention et leur créneau horaire (de 6 heures à minuit). Ils sont ponctionnés de 15 % sur leurs honoraires. Pour l'instant à l'état de projet, Docariv sera officialisé à la fin de l'année.
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