Comme annoncé, l'épidémie de Covid-19, le confinement et le déverrouillage des modalités de téléconsultation ont provoqué une explosion de cette pratique à distance. Illustration de cette dynamique, exactement 486 369 actes de téléconsultations ont été facturés à l'Assurance-maladie entre le 23 et 29 mars 2020, selon le bilan rendu public par la CNAM ce mardi (contre moins de 10 000 actes par semaine début mars).
C'est la plus forte croissance enregistrée depuis le lancement de la téléconsultation en septembre 2018. À ce jour, le nombre total de téléconsultations facturées est d'environ 800 000 actes (tableau ci-dessous).
Début mars, le gouvernement a assoupli de manière inédite les conditions de facturation et de remboursement des téléconsultations (plus d'obligation de téléconsulter avec son médecin traitant et d'avoir eu une consultation présentielle les douze derniers mois). L'ensemble des téléconsultations sont prises en charge à 100 % par la CNAM, à titre transitoire et exceptionnel jusqu’au 30 avril 2020.
Dans ce contexte, tous les opérateurs se sont mis en ordre de bataille en proposant leurs solutions gracieusement. Résultat : la part des téléconsultations chez les médecins gagne du terrain. Elles constituent désormais plus de 11 % de l’ensemble des consultations contre moins de 1 % avant la crise sanitaire.
La montée en puissance est donc très rapide. La CNAM précise au « Quotidien » avoir dénombré 76 940 actes entre le 16 et 22 mars, soit dès la première semaine de confinement contre seulement 14 761 entre le 9 et le 15 mars 2020 (et moins de 10 000 actes par semaine début mars).
Un médecin sur trois
Le nombre de médecins engagés progresse fortement. Le 23 mars, 29 000 praticiens libéraux différents ont facturé au moins une téléconsultation, soit environ un médecin sur trois, contre moins d'un médecin sur dix la semaine précédente. Et 44 % des généralistes ont effectué au moins une téléconsultation dans la semaine du 23 mars (contre 11 % la semaine précédente). À noter que 81 % des téléconsultations ont été réalisées par des praticiens en tant que médecin traitant de leurs patients.
Enfin, le tiers payant devient la règle pour ces consultations à distance. Sur la semaine du 23 mars, 75 % des facturations ont été pratiquées en tiers payant contre 40 % les semaines précédentes.
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