La pression des élus et des parlementaires est chaque jour plus forte. Ces dernières semaines, les maires des petites villes de France (APVF), la Cour des comptes et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ont successivement réclamé la fin de la liberté absolue d’installation des médecins. La semaine dernière, une proposition de loi de la Nouvelle Gauche voulait conditionner le conventionnement des praticiens au départ d’un confrère dans les zones surdotées. L’initiative, rejetée à l’Assemblée, a occasionné une levée de boucliers des jeunes médecins.
Comme si cela ne suffisait pas, le vice-président des Républicains Guillaume Peltier a mis le feu aux poudres en réclamant un service civique des jeunes médecins, une obligation pour les nouveaux diplômés d’exercer pendant deux ou trois ans dans un désert médical. Les partisans de la méthode forte n’en démordent pas, considérant que les incitations mises en place depuis plus de dix ans sont un échec. Et le nouveau plan de lutte du gouvernement contre les déserts médicaux (basé sur les incitations et le doublement du nombre de maisons de santé pour les porter à 2 000 pendant le quinquennat) n’est pas fait pour les rassurer.
Les stages, méthode douce ? La crise démographique n’est pas une fatalité et devrait être résorbée en 2025, a rappelé Agnès Buzyn. Et si l’un des antidotes à ce mal résidait dans une formation moins hospitalocentrée ? Lors de ses vœux, le président de l’Ordre, le Dr Patrick Bouet, a réclamé la création d’internats ruraux pour permettre aux étudiants de découvrir tous les modes d’exercice. La ministre de la Santé lui a assuré qu’elle développerait les stages extra-hospitaliers pour que les carabins soient « immergés de façon précoce » dans les lieux d’exercice hors CHU.
Justement : il a fallu du temps, mais la maîtrise de stage a gagné du terrain, comme le montre notre dossier (p. 9). Vous êtes plus de 9 000 à pratiquer le compagnonage au cabinet et à faire découvrir aux jeunes la réalité de votre exercice. Soit un généraliste en activité sur six ! Dont certains parviennent à fidéliser des internes dans des territoires sous-dotés. Les politiques semblent enfin l’avoir compris : vous êtes les meilleurs ambassadeurs de votre métier.
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