En 2021, on recensait 830 000 médecins nés à l’étranger dans la trentaine de pays développés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour lesquels des données sont disponibles, soit 22 % des effectifs médicaux, indique le dernier rapport sur les migrations internationales de l’organisation. La France compte 49 000 praticiens nés hors de ses frontières, soit 18 % du corps médical en exercice au total.
Dans la zone OCDE, le nombre de médecins formés à l’étranger a bondi de 62 % depuis 2010, et celui des médecins nés dans un autre pays que celui dans lequel ils exercent de 86 % ces deux dernières décennies. « Ces chiffres révèlent que les pays de l’OCDE dépendent fortement, et de plus en plus, de professionnels de santé immigrés pour doter leurs systèmes de santé en personnel », peut-on lire. Les plus fortes hausses du nombre de soignants immigrés, en chiffres absolus, sont enregistrées en Allemagne, aux États-Unis et au Royaume‑Uni. Par ailleurs, le nombre de praticiens nés à l’étranger a plus que triplé en vingt ans dans plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande ou le Luxembourg.
Des systèmes de santé fragilisés
Environ un médecin immigré sur cinq dans les pays de l’OCDE est originaire d’un autre pays de l’Espace économique européen (EEE), tandis que 30 % des médecins sont originaires d’autres pays de la zone OCDE. L’Asie (Chine et Inde au premier chef) demeure le principal continent d’origine, à raison de 40 % de praticiens en exercice dans la zone OCDE.
Environ 89 000 médecins viennent de pays inscrits sur la liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS, « chiffres suscitant des craintes quant aux conséquences possibles de la mobilité internationale de ces professionnels sur les systèmes de santé fragiles des pays en question », lit-on. Ces mouvements migratoires font que sept pays d’origine (Grenade, Jamaïque, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Cameroun, Fidji, Tonga, Somalie) enregistrent même un nombre de médecins émigrés en exercice dans la zone OCDE plus élevé que sur leur propre territoire.
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