Comment faciliter l’accès aux soins en montagne malgré la diminution importante de l’enneigement et la nécessaire adaptation du modèle économique de ces territoires fragilisés ? Deux députés, Xavier Roseren (Haute-Savoie, Horizons) et Denis Fégné (Hautes-Pyrénées, PS), se sont penchés sur la question dans un rapport sur « la transition des modèles des stations montagnardes ». Parmi les 50 recommandations présentées le 21 janvier, certaines ont trait à la santé et à l’accès aux soins.
« Si le coût du logement ou l’accès à des formations et des emplois de qualité constituent des déterminants majeurs en termes d’attractivité des stations de montagne, la présence de services et d’infrastructures publics, l’accès aux soins et à la santé ou l’existence d’une couverture numérique constituent autant de facteurs jouant un rôle dans la décision de vivre en montagne », indiquent les députés.
Médecins salariés
Dans un contexte où les touristes ont des attentes nouvelles et ne souhaitent pas profiter de la montagne qu’en hiver, le rapport s’intéresse au cas de la station des Menuires, qui expérimente depuis trois ans l’installation d’un centre médical ouvert toute l’année et dont les médecins sont salariés par la commune. « Ce mode de fonctionnement innovant a nécessité la création de contrats spécifiques en lien avec l’ARS et des conditions de travail et de salaires qui répondent aux besoins des jeunes médecins », indique le document.
À l’équilibre au bout d’un an, le succès est au rendez-vous : en saison d’hiver, le centre compte 13 salariés dont 6 médecins, 2 infirmières, une radiologue, trois secrétaires et une coordinatrice. À l’année, il recense 7 salariés soit quatre médecins, deux secrétaires et une coordinatrice. Selon Xavier Roseren, le succès est en grande partie dû à la qualité du projet médical associé.
Le thermoludisme, l’avenir ?
Une autre source de revenu importante pour ces territoires de montagne est le thermalisme. Deux propositions des élus visent à maintenir le taux de remboursement (régulièrement remis en question) des cures thermales au taux actuel et à encourager et à accompagner les stations thermales, dont 53 % se situent en montagne.
Les rapporteurs préconisent une diversification de leurs activités pour « réduire leur dépendance vis-à-vis de leur seule activité thermale » et à élargir « dans une optique de complémentarité » leur champ au thermoludisme, c’est-à-dire l’usage des eaux thermales à des fins de loisir ou de bien-être. « Encore trop de stations reposent majoritairement sur le thermalisme traditionnel, les rendant vulnérables aux aléas sanitaires, climatiques ou réglementaires », plaident les parlementaires. Pour autant, cette diversification est « déjà bien engagée », à l’instar du centre de loisirs Balnéa (Loudenvielle, Hautes-Pyrénées). Ouvert depuis 25 ans, il accueille 350 000 visiteurs par an et réalise 60 % de son chiffre d’affaires l’hiver et 40 % en été.
Plus largement, en 2024, plus de 3,9 millions d’entrées en établissements thermaux liés au bien-être ont été enregistrées et près de 500 000 cures ont été conventionnées. L’économie du thermalisme a généré près de 4,8 milliards d’euros et plus de 25 000 équivalents temps plein.
Médecin secouriste, métier à part
Les médecins urgentistes du Smur en zone montagneuse ont par ailleurs un exercice très spécifique à ces territoires. Les sections sportives créées surtout dans l’optique de la pratique du ski en 1996 sont « désormais tournées vers la formation globale des jeunes à l’environnement de montagne et aux différents métiers qui peuvent s’y exercer », dont les métiers du soin. C’est pourquoi les rapporteurs demandent de soutenir ces filières de formation locale, notamment pour les métiers liés à l’urgence et au secours en montagne, et d’adapter les cursus pour encourager les jeunes médecins et urgentistes à exercer dans ces zones spécifiques.
Pour Denis Fégné, c’est d’autant plus important de reconnaître le travail de ces médecins qu’ils subissent selon lui une « rupture d’égalité » car contrairement aux policiers, gendarmes ou sapeurs-pompiers professionnels, ils ne bénéficient pas des bonifications de service effectif lors de la liquidation de leur pension de retraite pour les services aériens commandés qu’ils réalisent en mission. Le député peaufine ce sujet avec une quinzaine d’autres parlementaires dans le cadre d’une proposition de loi transpartisane, en cours de rédaction.
Enfin, sur le volet financier, les rapporteurs souhaitent un deuxième plan Avenir Montagne à partir de 2027. Le premier plan (2021-2025) qui a apporté aux acteurs de la montagne 300 millions d’euros également répartis entre l’État et les Régions « a permis une vraie réalité sur le terrain », selon Xavier Roseren.
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