Édito

Peut mieux faire…

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Publié le 04/12/2021

Crédit photo : GARO/PHANIE

Sur les politiques de prévention en santé, le constat est sans appel : « les résultats obtenus sont globalement médiocres, et ce, malgré un effort financier comparable à celui des pays voisins ». La Cour des comptes ne mâche pas ses mots dans son rapport publié la semaine dernière. Dix ans après son premier rapport sur la prévention sanitaire, elle s’est cette fois-ci concentrée sur trois familles de pathologies : les cancers, les maladies neuro-cardiovasculaires et le diabète. Et l’autorité de rappeler que « ces pathologies mobilisent un quart des dépenses annuelles de l’Assurance maladie avec près de 50 milliards d’euros ». Pour la prévention, l’enveloppe est de l’ordre de 15 milliards, avec d’un côté les programmes institutionnels de prévention et de l’autre les actes de prévention remboursés. Programmes de prévention médicalisée, actions de promotion de la santé, programmes de prévention tertiaire… sont passés au crible, avec des résultats jugés souvent insuffisants par la Cour des comptes.

Si l’instance revient sur la redéfinition, ces dernières années, de la stratégie, elle en pointe les lacunes comme les déclinaisons au niveau régional. Et surtout « l’organisation des soins primaires en France et leur mode de rémunération », constituant « des obstacles de taille au déploiement de la prévention » selon la Cour des comptes, qui cite néanmoins les CPTS, MSP… comme des points positifs.

Quatre grandes orientations avec quatorze recommandations sont ainsi émises. L’une d’elles porte sur les approches de prévention dans les pratiques professionnelles, avec un « élargissement du nombre des acteurs de la prévention et la systématisation des pratiques de prévention ». Un « changement d’échelle » qui devra « d’abord s’appuyer sur les médecins généralistes », souligne la Cour des comptes avant d’émettre la recommandation d’accroître la part de la Rosp dans la rémunération des médecins. Pourtant, une enquête de la Drees publiée en juillet dernier pointait que ce dispositif a pu favoriser les pratiques préventives dans au moins un des trois domaines considérés dans l’enquête pour seulement 47 % des médecins interrogés. À suivre, donc…

Aurélie Dureuil, directrice de la rédaction


Source : lequotidiendumedecin.fr