Ce sera donc un flux unique de paiement pour les médecins. À propos du tiers payant, Marisol Touraine l’a finalement affirmé mardi, il y aura un « dispositif unique commun au régime obligatoire et aux régimes complémentaires ». C’est sans doute une ouverture en direction des médecins libéréux, mais ce sera surement une petite déception pour les complémentaires qui avaient échaffaudé leur propre plan. Ce qui n’était encore qu’une piste de travail dimanche soir, comme l’indiquait Claude Leicher au Généraliste, vient en effet d’être officialisé par la ministre elle-même. Auditionnée par la Commission des affaires sociales sur son projet de loi, elle confirme ainsi son « engagement pour un système technique » où « un seul geste (permettrait) de déclencher le paiement ». Et de préciser que «l’extension du tiers payant inclut nécessairement une solution technique commune à l'assurance maladie et aux complémentaires» santé.
Le tiers payant ne sera évidemment pas le seul sujet en débat à l’Assemblée. Totalisant 57 articles, le texte comporte, pour l’instant, 1 760 amendements ! Certains ont été déposés par les parlementaires, d’autres émanent du gouvernement lui-même. Évoquant un enrichissement du texte via ces amendements, Marisol Touraine considère qu’ils permettent la « consolidation des objectifs » et d’insuffler « souplesse et clarifications partout là où c’est possible ». Et n’a pas hésité pas répondre à ceux qui lui reprochaient d’être restée sourde aux craintes du monde médical. Deux jours après la manifestation parisienne, la ministre soutient que « le gouvernement prend en compte les inquiétudes des professionnels de santé sur certains articles de la loi ou sur leur rôle dans la société ». Soulignant que « ces inquiétudes dépassent très largement le cadre de cette loi », elle a rappelé qu’une grande conférence sur la santé aurait lieu à l’automne prochain. Elle devrait répondre aux préoccupations des médecins quant à leur place dans le système de santé et, plus largement, au sein de la société. Alors que cet examen-marathon à l’Assemblée nationale ne fait que commencer, Marisol Touraine a montré « une détermination sans faille ».
Un ton à confirmer dans quinze jours dans l’hémicycle. Mais déjà, les élus du Palais Bourbon ont une petite idée de ce qui les attend. Dans les rangs de la majorité, les différentes sensibilités n’ont pourtant pas encore de position claire sur ce projet de loi. S’il va « dans le bon sens » pour les parlementaires écologistes, ils le trouvent « bancal » faute de dimension environnementale. Autrement dit, sur les facteurs externes ayant des conséquences sur la santé. Le gouvernement peut toutefois compter sur le « soutien total » des écolos quant au tiers payant. Pour Aline Archimbaud, sénatrice EELV, « les aspects techniques de la mesure peuvent être dépassés ». Les députés du Front de Gauche n’ont, eux, pas encore arrêté leur position. S’ils sont favorables au tiers payant et notent des avancées en terme de prévention, ils regrettent « le pouvoir renforcé des agences régionales de santé, sortes de préfectures régionales sanitaires » selon André Chassagne, chef de file des députés du Front de gauche.
À droite, le texte fait l’unanimité contre lui. Fustigeant « l’obstination sans fin » de Marisol Touraine sur le tiers payant, Philippe Vigier considère que « ça n’est pas une amélioration de l’accès aux soins ». Pour le chef de file de l’UDI, « la vraie réponse pour les patients, c’est le reste à charge ». Un point positif, toutefois, à ses yeux : le droit à l’oubli. Promesse de François Hollande, il doit permettre aux personnes ayant guéri d’un cancer d’être dispensées de mentionner leur ancienne maladie lorsqu’elles souhaiteront contracter un emprunt. Du côté de l’UMP, l’opposition est également vive à l’encontre du tiers payant. Pour Christian Jacob, président du groupe, cela va « occasionner une surconsommation médicale » et susciter « davantage de travail administratif pour les médecins ».
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