Le premier tour des municipales approche à grands pas. Les 15 et 22 mars, les Français voteront pour choisir leurs maires, dans un contexte où la santé est, sondage après sondage, un des sujets prioritaires des Français.
À son tour, le syndicat représentatif des jeunes médecins généralistes et remplaçants (Reagjir) partage son diagnostic sur l’action municipale en santé et réaffirme ses propositions fondées principalement sur la prévention mais aussi l’accompagnement territorial des soignants plutôt que sur les solutions simplistes.
Le syndicat de jeunes généralistes constate que la pression sur les maires en matière d’accès aux soins est « très forte » et « inutile », puisque les édiles n’ont pas forcément la main. Selon le Dr Kilian Thomas, président du syndicat, « l’État peine à remplir son rôle pour rétablir un meilleur accès aux soins et les maires se retrouvent en première ligne sur ce sujet. Ils sont proches de la population et faciles à interpeller quand on peine à trouver un médecin traitant. » En résulte une pression excessive sur ces élus locaux, souvent contreproductive. « Rajoutez par-dessus le contexte électoral, et vous verrez émerger des choses parfois aberrantes même si l’intention est bonne », déplore Reagjir.
Maisons de santé sans médecins !
Le syndicat junior épingle à cet égard l’édification de maisons de santé « comme on fabriquerait des mangeoires à oiseaux », autrement dit sans vrai projet de santé territorial, surtout pour des motifs électoralistes. Résultat : de nombreux locaux restent « majoritairement vides » et « font peser un poids important sur l’économie locale », déplore le syndicat. Au point que « certains maires laissent s’installer dans ces locaux estampillés “maison de santé” des professionnels non médicaux, voire des charlatans », dénonce-t-il.
Pour Reagjir, le principal problème est que très souvent « les projets (de maisons de santé) sont sous-dimensionnés et inadaptés aux évolutions du métier », ce qui rend difficile une projection professionnelle à long terme pour les jeunes médecins, qui aspirent à un exercice pluripro avec de bonnes conditions d’exercice. Pire, ces locaux inadaptés « peuvent même produire l’effet inverse et faire fuir de futurs installés », insiste Reagjir. Les jeunes généralistes peuvent alors être tentés de construire un autre cabinet dans la même commune…
Prévention et guichet unique
Plutôt que d’improviser des solutions simplistes, Reagjir invite les mairies à agir très fortement sur les déterminants de santé. De fait, l’OMS estime que la qualité du système de santé (accès géographique, financier, etc.) n’est responsable que de 10 % des inégalités en santé, très loin derrière les inégalités économiques (35 %), la qualité du logement et de l’environnement de vie (29 %). Sur tous ces points, les mairies ont déjà « fort à faire », insiste le syndicat. Le Dr Kilian Thomas évoque ici la « réflexion sur l’urbanisme (préservation d’espaces verts), la qualité de l’eau (polluants), la qualité de l’air, le fait de favoriser les mobilités douces (pistes cyclables), l’activité physique (financement des associations sportives), la qualité de l’alimentation (restauration collective) ».
Quant à l’action spécifique des maires en matière d’accès aux soins, le syndicat leur réclame surtout un « accompagnement des jeunes médecins », depuis le troisième cycle des études jusqu’à leur installation et même après. Reagjir réitère ici sa revendication ancienne d’un « guichet unique » de référence permettant « de répondre aux questions, aux besoins à tous les niveaux et surtout que les personnes qui en font partie sont engagées dans le lien et dans le territoire ». En ce sens la ministre de la Santé Stéphanie Rist s’est engagée mi-janvier à ce qu’un guichet unique d’aide et d’information à l’installation des médecins soit rendu « opérationnel » sur l’ensemble du territoire « d’ici à fin 2026 ». Une mission en ce sens doit être lancée pour que ce guichet de référence – souvent promis, jamais concrétisé – réponde aux attentes en coordonnant les actions des élus, collectivités, services de l’État et l’Assurance-maladie.
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