Quels sont les choix stratégiques de BMS ?
BMS a opéré des choix forts depuis plusieurs années déjà qui lui permettent aujourd’hui d’être performant sur quatre aires thérapeutiques, l’immuno-oncologie, la cardiologie avec une nouvelle génération d’anticoagulants développée avec Janssen autour du facteur XI, l’immunoscience avec un médicament prometteur dans le psoriasis et d’autres en développement dans la fibrose hépatique et pulmonaire. Nous sommes par ailleurs la première filiale après les Etats-Unis en matière de recherche et développement. Cinq mille patients français étaient inclus dans nos études à fin 2018. C’est une activité clé dont nous sommes très fiers. En dépit des difficultés au quotidien, l’objectif est bien de faire bénéficier les patients de nouveaux traitements. Cela prend parfois plus de temps que nous ne l’avions imaginé. Mais on y arrive.
Mais on attend toujours les décrets sur l’accès précoce.
Certes, mais on peut regarder la bouteille soit à moitié vide, soit à moitié pleine. Pour la bouteille à moitié vide, les décrets ne sont pas publiés. On peut ne pas être content. Pour la bouteille à moitié pleine, le Premier ministre a pris des engagements forts qui ont été retranscrits lors des conclusions du CSIS. C’est là une victoire pour les malades. Ces décrets auront un impact majeur. L’enthousiasme post-CSIS est un peu retombé. Mais tous les laboratoires attendent de pied ferme la publication du décret afin d’amener les médicaments plus rapidement aux patients entre l’AMM et la fixation du prix.
Les négociations avancent-elles sur les nouvelles règles de l’évaluation ?
Des propositions de nouveaux indicateurs sont à l’étude ; elles suscitent de nombreux échanges. Rien à ce jour n’est acté.
La fin de l’année doit être marquée par la signature de l’accord-cadre avec le CEPS.
L’espace de dialogue et de négociation qui existe avec le CEPS est clé. Il faut également s’assurer que la France garde sa place au sein de l’Europe en termes d’accès à l’innovation, de cohérence économique.
Vous avez mené au cours des derniers mois une réflexion en profondeur sur les inégalités de santé en matière de prise en charge du cancer. Que faudrait-il changer ?
Nous jouons notre rôle d’acteur de santé. Nous avons contribué à révéler des enjeux d’équité d’accès aux soins sur l’ensemble du parcours, du diagnostic au traitement. En ville par exemple, un médicament est plus facilement remboursable qu’à l’hôpital. Selon les budgets, certains hôpitaux ont accès à des traitements, d’autres pas. Les questions géographiques interfèrent également sur l’accessibilité aux soins. Enfin il est difficile d’accepter qu’à l’hôpital l’ASMR serve de couperet sur l’accès au médicament au travers de la liste en sus, alors qu’en même temps la commission de la transparence, responsable de la détermination de l’ASMR, recommande l’accès au médicament On apporte de la lumière sur le système en place afin de réduire ces inégalités. Cette situation est d’autant plus paradoxale que le système français est l’un des plus performants au monde.
Faut-il désespérer de l’administration ?
Sûrement pas. Après plusieurs mois d’excellentes discussions - cela ne veut pas dire faciles mais fréquentes et où l’on a pu débattre - un accord a été signé avec le CEPS afin que Yervoy® soit de nouveau pris en charge via la liste en sus, dans le mélanome métastatique, mais en association avec Opdivo®. Nous avons été patients, persévérants et sommes très heureux que cette association soit de nouveau accessible aux malades français. Nous avons également été aidés par le soutien du corps médical. Ce médicament n’est pas un blockbuster. Mais grâce à la prise en charge par la collectivité, ce retour de Yervoy dans les pharmacies hospitalières est d’une grande portée symbolique.
Dans les mois prochains, les négociations avec le CEPS autour du prix des associations en oncologie seront peut-être encore plus ardues.
L’enjeu sera de démontrer aux autorités de santé pourquoi les associations thérapeutiques sont de réelles innovations. On a également intégré le fait que le coût de deux traitements ne sera pas équivalent à la simple addition du prix des deux médicaments. C’est un vrai débat qui ne fait que commencer. Cela sera traité au cas par cas. Il faudra accepter de remettre en cause certaines de nos certitudes. Nous sommes prêts par exemple à considérer de nouveaux modèles de rémunération du traitement. Certains laboratoires communiquent publiquement sur ces modèles de rémunération à la performance et cela peut bousculer quelques habitudes au sein des autorités de santé. Cela demande du courage et de la créativité. Ces bonnes nouvelles sont encore trop peu nombreuses. Elles sont comme des faisceaux de lumière dans un ciel encore sombre.
Dr Joëlle Belaïsch-Allart : « S’il faut respecter le non-désir d’enfant, le renoncement à la parentalité doit interpeller »
Visite médicale d’aptitude à la conduite : le permis à vie de nouveau sur la sellette
Le dispositif Mon soutien psy peine à convaincre, la Cnam relance l’offensive com’
Ouverture du procès d’un ancien psychiatre de l’AP-HM jugé pour viols et agressions sexuelles sur quatre patientes