C’était il y a un peu plus de dix ans. Une famille confrontée à un diagnostic de diabète de type 1 chez un enfant de deux ans se documente sur la maladie, les traitements, les alternatives et découvre l’existence de chiens spécifiquement éduqués à détecter hypo et hyperglycémies. L’approche, complémentaire des protocoles et suivis thérapeutiques, la séduit. Les parents de l’enfant malade s’envolent alors pour les États-Unis et réussissent à convaincre une formatrice franco-américaine de venir dans la Drôme pour partager son expertise et son savoir. L’association Acadia est créée dans la foulée, la recherche de partenaires financiers est lancée et les trois premiers chiens formés sont remis trois ans plus tard, en 2018.
Dix ans après le début de cette belle aventure, 45 chiens d’assistance ont accompagné ou accompagnent des jeunes âgés de 5 à 25 ans dans toute la France. « Nous respectons la volonté de nos membres fondateurs d’aider des enfants. Les chiens que nous formons ayant aussi pour mission de renforcer l’autonomie de la personne malade, nous estimons que leur présence est moins indispensable après 25 ans », explique Carine Langkusth, en charge de la communication et de l’évènementiel au sein de l’association.
Trente comportements
La formation, qui dure entre six et dix mois en fonction des profils canins, comprend trois niveaux et l’apprentissage d’une trentaine de comportements. Au niveau 3, le chien est par exemple capable de donner l’alerte, d’apporter une trousse de secours ou de l’insuline ou encore d’appuyer sur un bouton de téléalarme pour alerter les parents si l’enfant dort.
Et c’est l’olfaction qui est essentiellement travaillée. « Nous apprenons au chien à réagir aux variations de glycémie, lesquelles sont identifiées grâce à son odorat. En cas de souci, il alerte le sujet diabétique, ou un adulte s’il s’agit d’un enfant de moins de dix ans », poursuit Carine Langkusth.
Pour le recrutement de ces futurs compagnons, Acadia travaille avec différentes associations comme les chiens guides d’aveugle, Handi’chiens, mais aussi avec des refuges afin de donner une seconde chance aux animaux abandonnés. « Ces collaborations font que nous formons beaucoup de labradors et de goldens, mais toutes les races sont en capacité de mener ce travail. Les chiens doivent juste avoir plus d’un an — pour que nous puissions apprécier leur caractère — et ils sont remis au plus tard pendant l’année de leurs trois ans », exprime la chargée de communication.
Le coût d’un chien formé est estimé à 25 000 euros. L’association bénéficie de dons, individuels et d’entreprises. « Certaines d’entre elles choisissent de parrainer un chien, d’autres interviennent à la hauteur de ce qu’elles peuvent donner. Nous recevons aussi des dons de clubs services, de particuliers ou encore d’associations. »
Attachée à réussir le « match parfait » entre le chien et son futur maître et au regard du nombre croissant de sollicitations, Acadia estime à une année le délai de satisfaction des demandes.
Santé et autonomie
Ces duos gagnants suscitent des retours enthousiastes. « Des jeunes nous signalent une amélioration de leur diabète car le chien détecte en temps réel les variations de glycémie, alors que les capteurs les signalent environ 20 minutes plus tard. Or, chacun sait que se resucrer plus rapidement génère des variations moins franches de la teneur du sang en glucose, ce qui permet d’envisager une stabilisation », souligne Carine Langkusth. L’association Acadia a d’ailleurs lancé une étude scientifique sur le sujet, menée en collaboration avec des psychologues, des docteurs, des diabétologues, un vétérinaire, des chercheurs et des patients experts*. Le fait de devoir sortir et promener régulièrement ces compagnons à quatre pattes encourage également une activité sportive, dont les bienfaits ont été largement soulignés. Et, sans surprise, cette médiation animale génère aussi de l’autonomie et… beaucoup de réconfort.
* L’objectif du projet est d’évaluer l’impact du chien d’assistance sur la santé et la qualité de vie du jeune diabétique et de sa famille. Pour cela, des données avant et après l’arrivée du chien sont mesurées et analysées, comme le dernier taux d’hémoglobine glyquée ou encore le nombre d’hypoglycémies sévères nocturnes.
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