Les études négatives s'enchaînaient, le plasma de convalescents est désormais fortement déconseillé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette prise de position figure dans la 7e version des recommandations du traitement du Covid-19 de l'agence onusienne publiée dans le « BMJ ».
Le groupe scientifique de l'OMS a mené une analyse des données poolées de 16 essais randomisés contre placebo, totalisant 16 236 patients. Il ne ressort de ce travail aucun bénéfice clair en faveur de l'utilisation du plasma de convalescents, tant en termes de mortalité ou de recours à la ventilation mécanique, et que les patients soient sévères (1) ou non, admis en soins intensifs ou non.
Neuf aggravations évitées tous les 1 000 patients traités
Dans le détail, il y avait une diminution de 17 %, non statistiquement significative, de la mortalité chez les patients non sévères. Il fallait traiter 500 patients non sévères pour éviter une mise sous ventilation mécanique. Chez les patients sévères, le plasma de convalescents est associé à une augmentation de 12 % de la mortalité, également non significative, et il fallait traiter 1 000 patients pour éviter 9 mises sous ventilation mécanique. L'administration de plasma était en revanche associée à une légère hausse de la vitesse de clairance virale, contrebalancée par une subtile hausse du risque de surcharge volémique.
Par ailleurs, le recours au plasma de convalescents est long et coûteux. La teneur en anticorps est très variable d'un donneur à l'autre, et les techniques de titration ne sont pas standardisées. « En conséquence, nous pensons que l'utilisation du plasma de convalescents ne se justifie pas, en particulier pour les patients peu sévères », conclut le groupe de travail de l'OMS. Aucune des études ne portait sur les enfants et les femmes enceintes. Et l'OMS recommande de ne pas leur proposer ce traitement.
Une porte entrebâillée aux essais cliniques
La porte n'est toutefois pas totalement fermée, dans la mesure où le groupe de travail juge qu'il reste suffisamment d'incertitudes pour que soit autorisée la mise en place de nouveaux essais randomisés chez les patients les plus sévères.
Concernant tous les autres traitements, cette 7e version n'apporte aucun changement. Il y a toujours une recommandation forte pour que les patients sévères ou admis en soins intensifs reçoivent une corticothérapie systémique, une recommandation forte pour les antagonistes de l'interleukine 6 (tocilizumab et sarilumab) et une recommandation conditionnelle pour l'association de casirivimab et d'imdevimab pour les patients ayant une sérologie négative.
Pour les cas non sévères, la corticothérapie n'est pas recommandée, et le casirivimab et l'imdevimab sont recommandés à titre conservatoire pour les patients à risque de forme sévère.
(1) Les auteurs définissent un patient sévère comme ayant une saturation en oxygène inférieure à 90 % avec des signes de détresse respiratoire (cyanose centrale, incapacité à formuler une phrase d'un seul tenant, geignement, dit grunting, etc.).
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