Covid-19 : Sanofi offre 300 000 traitements de chloroquine suite à l'essai « prometteur » de Marseille

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Publié le 18/03/2020

Crédit photo : AFP

Le laboratoire français Sanofi s'est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de l'anti-paludique Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300 000 malades, après des essais jugés « prometteurs » menés par les chercheurs de l'institut hospitalo universitaire Méditerranée infection, auprès de 24 patients atteints du Covid-19.

Au regard d'une étude aux résultats encourageants menée sur ce médicament, « Sanofi s'engage à mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300 000 patients », a indiqué à l'AFP mardi un porte-parole du laboratoire, tout en précisant que le groupe se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises « pour confirmer ces résultats ».

Le Plaquenil, médicament indiqué dans le traitement des maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde, pourrait en effet avoir un effet sur la disparition du virus, a indiqué lundi le professeur Didier Raoult, principal investigateur de l'étude.

« J'ai pris connaissance des résultats et j'ai donné l'autorisation pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être commencé dans les plus brefs délais et par d'autres équipes sur un plus grand nombre de patients », a de son côté indiqué lors d'une conférence de presse le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. Mais « il est absolument fondamental d'asseoir toute décision de politique publique en santé sur des données scientifiques validées, et les processus de validation, on ne peut pas négocier avec », a-t-il souligné à propos de ces essais.

Association hydroxychloroquine azithromycine

Le Pr Raoult a fourni quelques détails sur le protocole qui a été appliqué aux 24 patients de son étude : « Nous avons utilisé la posologique que nous connaissons le mieux : 600 mg par jour, indique-t-il. L'hydroxychloroquine est un médicament extraordinairement toléré, qui est donné pendant 10 à 20 ans aux patients atteints de maladies inflammatoires. C'est un dérivé de la chloroquine qui est utilisée depuis 60 ans dans le paludisme. »

L'équipe du Pr Raoult a surveillé la charge virale des patients de cet essai non randomisé à un seul bras dans les prélèvements respiratoires effectués 6 jours après le début de la prise en charge, « sachant que le portage viral reporté par les chinois est de l'ordre de 20 jours », rappelle-t-il. L'infectiologue affirme que les observations cliniques et virologiques plaident en faveur d'une guérison précoce des patients de l'étude.

Afin de prévenir le risque de surinfection bactérienne, les chercheurs ont couplé l'hydroxychloroquine à l'azithromycine, comme ils ont l'habitude de le faire dans d'autres pathologies virales. « Les gens qui avaient pris de l'azithromycine plus hydroxychloroquine sont guéris au bout de 6 jours. Nous allons demander une autorisation pour réaliser une étude plus importante dans laquelle nous devrons éclaircir la question de cette association », précise le Pr Raoult.

Pour conclure, le Pr Raoult soulève une problématique qu'il qualifie de « complexe » : savoir s'il faut traiter tous les patients, y compris ceux qui sont asymptomatiques. « On se rend compte que les patients dits asymptomatiques ont aussi des lésions pulmonaires au scanner faible dose, explique-t-il. On peut aussi se poser la question de savoir si on traite ces patients-là pour éviter qu'ils ne transmettent le virus. C'est la position que j'adopterais personnellement. »


Source : lequotidiendumedecin.fr