Ebola : 20 000 professionnels et agents de santé devraient recevoir le vaccin Ervebo dans le cadre d'un essai clinique

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Publié le 21/09/2026

Le vaccin Ervebo conçu contre la souche Zaïre Ebola a commencé à être distribué aux personnels de la première ligne, ce 19 septembre en République démocratique du Congo, avec l’espoir qu’il soit aussi efficace contre la souche Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie actuelle, toujours pas sous contrôle.

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Crédit photo : Pexels

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection : à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés contre Ebola ce 19 septembre, dans le cadre d'un essai clinique. Cette étude, nommée Bravo, est coordonnée par Médecins sans frontières (MSF), avec le ministère de la Santé, Africa CDC, l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) et plusieurs partenaires scientifiques. 

Le vaccin administré est l'Ervebo. Son efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé. L'essai clinique, ciblant 20 000 personnes et programmé sur neuf à douze mois, doit désormais déterminer s'il peut également protéger contre la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en cours et contre laquelle il n'existe à ce jour aucun traitement, ni vaccin spécifique.

La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans le vaste pays d'Afrique centrale. Partie de la province de l'Ituri et déclarée officiellement mi-mai, l'épidémie a déjà causé 3639 décès et contaminé 7 541 personnes, soit un taux de létalité de 48,3%, selon le dernier bilan de l'Institut national de santé public congolais (INSP) publié ce 19 septembre. Quelque 1 823 personnes ont été déclarées guéries. Le virus est présent dans sept provinces.

 70 000 doses allouées en août

« Nous sommes tous les jours en contact avec les malades et il est important que nous soyons protégés pour pouvoir ensuite protéger nos patients », a dit, soulagée, Annie Banage, infirmière dans un centre de santé Ebola, interrogée par l'AFP. La Dr Nicole Nlandu, médecin, est de son côté déjà convaincue qu'avec le vaccin, elle a « moins de chance d'avoir la forme grave » de la maladie.

Quelque 70 000 doses d'Ervebo, provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, ont été allouées en août à la RDC. Plus de 3 000 personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo (nord-est) et plus de 700 dans le Bas-Uélé (nord), dans le cadre de l'essai clinique, selon l'INSP.

« Ce vaccin est efficace contre la souche Zaïre, mais nous ne savons pas à quel pourcentage il pourrait être efficace contre la souche Bundibugyo », a reconnu le Pr Steve Ahuka, responsable de la riposte sanitaire en RDC. Il « pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo », a expliqué la Dr Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l'ONG Médecins sans frontières (MSF), présente sur le terrain.

Un plateau, mais pas de contrôle de l’épidémie

Manque de moyens, présence de groupes armés, défiance de la population… la riposte sanitaire est laborieuse. Après un accroissement rapide, le nombre de cas connaît un « plateau »  a souligné le 18 septembre lors d'un briefing le patron de l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, mais « personne ne peut venir dire que l'épidémie est sous contrôle », a-t-il martelé, contredisant de récentes déclarations du gouvernement congolais.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

« Même si nous voulons tous nous montrer positifs et rassurants face à la situation, nous devons rester réalistes », a déclaré Manuel Albela Miranda, épidémiologiste chez MSF, dans un entretien à l'AFP. « Et la réalité, c'est qu'il est encore trop tôt pour dire que l'épidémie est en train de ralentir », a-t-il indiqué.

« Les signes ne sont pas encourageants », a réagi le Dr Guyguy Manangama, directeur adjoint des opérations chez MSF, contredisant une déclaration en ce sens de l’Organisation mondiale de la santé. « La situation, au contraire, est alarmante ». Et de craindre que « les gens ne baissent la garde ». Le Dr Guyguy Manangama alerte notamment sur la proportion très élevée de décès survenant au sein des communautés, qui atteint 60%, signe que « la majorité des décès sont hors des chaînes de transmissions connues ».

Albela Miranda, appelle à « rester très prudent face à l'évolution d'une épidémie » car un premier pic ne signifie pas nécessairement que le plus haut niveau de circulation du virus est atteint, plusieurs vagues successives pouvant se produire au cours d'une même épidémie.

MSF, qui dispose de 1700 employés en RDC, dont 90% de locaux, demande « un renforcement significatif » du soutien des agences de l'ONU et une « mobilisation plus réactive et plus globale », afin de renforcer la riposte. « Il existe de nombreuses structures de santé sur le terrain, mais elles ne sont absolument pas préparées » a averti Albela Miranda.

 

C.G. avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr