« Prévenir les risques psychosociaux (RPS) nécessite de mettre en place une démarche collective associant, notamment, le chef d’entreprise, les managers, les représentants du personnel et les acteurs de la prévention. Cela implique une réflexion sur l’organisation du travail. Et cela nécessite de faire un travail d’information de tous les acteurs de l’entreprise », indique le Dr Bernard Siano, chef du département études et assistance médicales à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).
Lors du congrès, l’INRS tiendra un stand d’information avec la CRAMIF. Elle organisera aussi, toujours avec la CRAMIF, un symposium le mercredi 22 juin 2016 à 17 h 45 pour présenter différents outils de prévention de RPS. « Un nombre grandissant de salariés déclare souffrir de symptômes liés à des risques psychosociaux : stress, harcèlement, violences externes, épuisement professionnel… Les facteurs à l'origine de ces risques sont nombreux et évoluent en même temps que le monde du travail. Les travaux d’un collège d’experts internationaux proposent de les regrouper en six catégories : intensité et temps de travail, exigence émotionnelle, manque d’autonomie, rapports sociaux au travail dégradés, conflits de valeur, insécurité de la situation de travail », indique le Dr Siano.
Lors de ce symposium, l’INRS présentera l’outil « RPS DU », qui permet aux entreprises d’identifier les facteurs de risques psychosociaux auxquels sont soumis les salariés dans chaque unité de travail et d’apprécier les conditions et les circonstances d’exposition à ces facteurs. « Cet outil est conçu pour les entreprises de plus de 50 salariés. Pour celles de moins de 50 salariés, nous avons développé l’outil « faire le point », qui leur permet de s'interroger sur la présence ou non des RPS en répondant à une quarantaine de questions. Il fournit des clés de compréhension et des pistes d'actions pour les prévenir », indique le Dr Siano. « Outre la présentation de ces deux outils, l’intérêt de ce symposium sera d’avoir le témoignage de trois entreprises qui viendront expliquer comment elles se sont approprié ces guides, chacune dans leur contexte spécifique », ajoute-t-il.
Lors du congrès, l’INRS présentera d’autres outils dévoilés lors d’une conférence de presse début juin à Paris. « Il s’agit de documents à destination des salariés et des managers (chefs d’entreprise, encadrements, ressources humaines…) pour les sensibiliser à la problématique des RPS. Cette campagne vise d’abord à inciter les salariés à parler des risques psychosociaux et les orienter vers les acteurs de prévention de terrain », indique le Dr Marie-Anne Gautier, conseiller médical à l’INRS.
Deux affiches et un dépliant ont été conçus avec le message suivant. « Stress, harcèlement, agression, burn-out… En parler pour en sortir ». « L’objectif est d’aider les salariés à identifier les différents interlocuteurs auxquels ils peuvent s’adresser pour parler des risques psychosociaux au sein de l’entreprise avec leurs collègues, leur manager, les représentants du personnel, et bien sûr les services de santé au travail, qui ont un rôle pivot à jouer dans ce domaine », indique le Dr Gautier.
L’INRS a aussi mis au point un guide « Risques psychosociaux – 9 conseils pour agir au quotidien » à destination des managers. « L’objectif est de sensibiliser à certains facteurs de risques et les moyens de les prévenir ou de les gérer au sein de leurs équipes. Un facteur de risque fréquent par exemple est le problème de la charge de travail », indique le Dr Gautier. Par ailleurs, sept affiches visent à interpeller les salariés et les managers sur les RPS au travers de 7 idées reçues sur les RPS. Chaque idée reçue interpelle le salarié et le manager au travers de personnages sympathiques qui se retrouvent dans des situations rocambolesques… L’humour, un autre bon moyen de parler de risques psychosociaux.
D’après un entretien avec le Dr Bernard Siano, chef du département Etudes et assistance médicales et le Dr Marie-Anne Gautier, conseiller médical à l’INRS
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024