L’ENDOMÉTRIOSE est une affection gynécologique fréquente et parfois désespérément récidivante, sur laquelle on ne sait que peu de chose. Aux États-Unis (puisque l’étude présentée ici est américaine), c’est la troisième cause d’hospitalisation pour cause gynécologique.
Comme dans toutes les affections mystérieuses, on recherche des facteurs de risque modifiables. Ce à quoi se sont attelés des chercheurs de Boston.
Des facteurs diététiques ont été évoqués par des patientes et des sites web. Une étude humaine a confirmé par laparoscopie que l’endométriose est corrélée positivement à la consommation de viande et inversement aux légumes verts et fruits.
Par ailleurs, la consommation d’huile de poisson a été associée à une amélioration de symptômes dans des études chez des femmes souffrant de dysménorrhée primaire. Une étude animale a recherché un lien direct entre l’incidence de l’endométriose et l’alimentation, et a suggéré que l’huile de poisson pourrait faire régresser une endométriose induite.
Pour rechercher les relations entre la prise alimentaire en corps gras et le risque d’endométriose, Stacey Missmer et coll. ont analysé douze ans de données prospectives réunies dans la Nurse’s Health Study II (des infirmières américaines), commencée en 1989. Après les exclusions d’entrée dans l’étude, 70 709 femmes y ont participé. Les graisses alimentaires ont été estimées d’après des questionnaires envoyés en 1991, 1995 et 1999. « Nous avons utilisé des modèles de régression de Cox avec des ajustements pour la consommation énergétique totale, l’origine ethnique, l’indice de masse corporelle à l’âge de 18 ans. Et évalué de façon cumulative sur les trois questionnaires alimentaires la consommation en matières grasses. »
Les résultats sont donnés pour un suivi de 586 153 années personnes. Un total de 1 199 cas d’endométriose confirmée à la laparoscopie est rapporté.
Traitements industriels.
Le traitement statistique des données ne montre pas d’association entre la consommation totale en graisses et le risque d’endométriose. Les femmes ont été séparées en quintiles en fonction de la consommation en acides gras polyinsaturés de la série oméga 3, dont les bénéfices sont trouvés dans plusieurs domaines de la santé et de la consommation en acides gras insaturés trans, qui proviennent des traitements industriels. Concernant ces acides gras à longue chaîne, une association apparaît.
Le risque relatif d’endométriose est réduit de 22 % (p = 0,03) chez les femmes dans le quintile des consommations les plus élevées en oméga 3, comparativement à celles dans le quintile des consommations les plus basses.
Un effet apparaît également concernant les acides gras insaturés trans, mais inverse : les femmes dans le quintile des consommations les plus élevées présentent un risque de 48 % plus élevé d’avoir un diagnostic d’endométriose que celles situées dans le quintile des consommations les plus basses (p = 0,001). Une association est suggérée avec les consommations de graisses animales, sans que l’on trouve toutefois de relation avec les prises de graisses saturées et monoinsaturées, les constituants principaux des graisses animales.
« Dans cette grande étude réalisée chez des femmes ménopausées, les associations observées suggèrent l’existence d’un facteur modifiable, qui aurait son importance dans la pathogénie de l’endométriose. » Les acides gras trans augmentent les taux circulants de certains marqueurs pro-inflammatoires (IL6, TNF-alpha), qui sont probablement impliqués dans la constitution de l’endométriose. Par ailleurs, « cette étude donne un argument supplémentaire pour faire des efforts en vue de retirer les acides gras insaturés trans de l’alimentation ».
Human Reproduction, doi:10.1093/humrep/deq044.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024