Après la publication fin septembre d’un communiqué du Conseil scientifique des académies des sciences européennes (European Academies Science Advisory Council - EASAC) remettant en cause l’efficacité de l’homéopathie, le débat pend de plus en plus d’ampleur sur les réseaux sociaux parmi les professionnels de la santé. Comme un tweet de Guy Vallancien « les académies des sciences européennes ont raison : 1/ ne plus rembourser efficacité 0 ; 2/ décrire précisément les produits » ou de Dominique Lang, secrétaire général adjoint de l’Ordre National des Infirmiers : « #Homéopathie : vers la fin du remboursement ? ». Certains messages mettent en balance l'efficacité des vaccins et celle de l'homéopathie. Il y a aussi une photo prise dans une pharmacie avec de message : "les vaccins antigrippe 2017 allopathiques et homéopathiques sont arrivés"
Homéopathie: les academies des sciences européennes ont raison:
— guy vallancien (@gvallancien) 2 octobre 2017
1* ne plus rembourser efficacité 0
2* décrire précisément les produits
Neuf jours après la publication européenne, en France, le 29 septembre dernier, l’Académie des Sciences a enfoncé le clou par un communiqué de presse reprenant en grande partie les arguments des académies des sciences européennes : « le groupe de travail de l’EASAC déclare qu’il n’existe pour aucune maladie, aucune preuve, scientifiquement établie et reproductible, de l’efficacité des produits homéopathiques ». Et rajoute plus loin : « En outre, l’homéopathie peut avoir un effet nocif en retardant la consultation d’un médecin ou dissuadant le patient de rechercher les soins médicaux appropriés. »
Les arguments de Boiron
En réponse à ces critiques, le laboratoire Boiron a indiqué avoir présenté les résultats d'une étude importante récemment à la presse (présentation prévue de longue date), quelques jours après la publication d'un rapport des Académies des sciences européennes.
L'étude baptisée EPI 3, a tenté d'évaluer son intérêt pour les politiques de santé publique. Elle a mobilisé 825 médecins et 8 559 patients de 2005 à 2012, et portait sur trois indications : les infections des voies aériennes supérieures, les douleurs musculo-squelettiques et les troubles anxio-dépressifs et du sommeil, pathologies qui représentent la moitié des consultations chez les généralistes en France. Les résultats montreraient que les patients soignés par homéopathie présentent la même évolution clinique et le même taux de complications que les patients soignés de manière conventionnelle. Mais consomment deux fois mois de médicaments (voire trois pour les psychotropes).
"Je suis dans l'entreprise depuis 47 ans et les détracteurs de l'homéopathie disent toujours le même type de choses", a relevé le directeur général de l'entreprise familiale Christian Boiron. "Je ne leur en veux pas parce qu’ils critiquent l'homéopathie, mais parce qu'ils la critiquent de manière insuffisamment fondée."
Jusqu'où le débat va aller ?
Ce n’est pas la première fois, que l’homéopathie est remise en cause. Avec à chaque fois des débats sur son efficacité, son remboursement par l’Assurance maladie… sans réelle conséquence. Cette fois-ci, nos autorités de santé et le ministère de la Santé reviendront-ils sur le sujet ? Affaire à suivre.
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