La controverse sur l’efficacité de l’homéopathie sera-t-elle bientôt un souvenir ? Agnès Buzyn a récemment annoncé l’évaluation scientifique de ces médicaments. « Le débat doit avoir lieu sur l’utilité des médicaments remboursés, nous l’ouvrirons dès cet été », a-t-elle déclaré en mai sur France Inter. La ministre de la Santé a d’abord évité d’ouvrir la boîte de Pandore. Interrogée en avril sur la suite à donner à la tribune des 124 professionnels de santé contre les “Fake Médecines”, la ministre avait défendu un probable effet placebo. Et affirmé que l’homéopathie continuerait à être remboursée si elle restait « bénéfique sans être nocive ».
La donne a changé et les pouvoirs publics semblent prêts à trancher. Il est grand temps. La situation s’est en effet embrasée, donnant lieu à des échanges musclés entre médecins sur les réseaux sociaux. Depuis quelques semaines, la polémique a même pris un tour judiciaire. Dénonçant une attaque diffamatoire, plusieurs syndicats d’homéopathes ont décidé de poursuivre devant l’Ordre des auteurs de la tribune pour anti-confraternité (voir notre dossier). Ce n’est pas juste le remboursement qui est en jeu aujourd’hui – la prise en charge par l’Assurance maladie s’élève au mieux à 30 %, pour un montant annuel de 130 millions d’euros. C’est avant tout leur honneur de médecins qu’entendent préserver les 5 000 homéopathes piqués au vif.
Preuve que le sujet est sensible, l’Ordre a dans un premier temps refusé de se prononcer et a réclamé une évaluation à l’Académie de médecine. Cette dernière a de nouveau indiqué, il y a quelques jours, qu’aucune preuve scientifique n’appuyait l’efficacité de l’homéopathie tout en soulignant que son effet placebo ne devait pas être négligé. La patate chaude a été refilée à la Haute autorité de santé à qui il reviendra de se prononcer.
Historiquement prise en charge sans aucune évaluation scientifique, l’homéopathie pourrait entrer dans le droit commun. « Si elle est utile, elle continuera à être remboursée, si elle est inutile, elle cessera de l’être », a déjà prévenu la ministre de la Santé. Qui a confié ne pas avoir d’homéopathie dans son armoire à pharmacie.
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