L'organisation des médecins homéopathes a indiqué vendredi avoir déposé des plaintes disciplinaires devant l'Ordre des médecins contre les signataires d'une tribune qui attaquait violemment l'homéopathie.
Quelques jours après la parution de la tribune, un syndicat non représentatif de médecins, l'Union collégiale, avait déjà déposé des plaintes disciplinaires contre les signataires de ce texte, qu'il jugeait « insultant et anti-confraternel ».
« Nous avons déposé des plaintes pour non-confraternité, non-respect du code de déontologie, étant donné qu'ils ne veulent plus reconnaître notre titre de médecins », a déclaré à l'AFP le président du Syndicat national des médecins homéopathes français, Charles Bentz.
Publiée par un collectif de 124 médecins le 19 mars dans Le Figaro, cette tribune au vitriol attaquait les « médecines alternatives", dont l'homéopathie.
Celles-ci sont pratiquées « par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire », écrivaient les auteurs.
Charles Bentz a estimé que la virulence du propos méritait de saisir les instances disciplinaires. « Les propos de nos confrères sont tout à fait clairs, tout comme le code de déontologie est clair. Je ne vois pas où il peut y avoir une conciliation », a-t-il expliqué. « C'est à l'Ordre de juger si cette attitude mérite des sanctions, et quelles sanctions », a-t-il ajouté.
Attente d'une évaluation
Plusieurs médecins visés par ces plaintes, chacune déposée devant le conseil départemental de l'Ordre où ils exercent, ont confirmé sur Twitter avoir reçu une notification. Tous ont dit persister dans leur condamnation de l'homéopathie.
L'homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale pour guérir. Tout médecin peut en prescrire. Quelque 5 000 praticiens revendiquent la spécialité d'homéopathe, qui n'est cependant pas reconnue par l'Ordre.
« Médecin homéopathe, ça n'existe pas », affirmait lors d'une conférence de presse en juin son vice-président, Jacques Lucas. Mais la mention "homéopathie" reste autorisée sur la plaque d'un médecin.
La Sécurité sociale rembourse certaines spécialités homéopathiques, malgré l'absence d'évaluation scientifique de leur intérêt.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait cependant dit en mai que cette évaluation allait se faire : « Peut-être simplement l'homéopathie pourrait-elle rentrer dans le droit commun, d'être évaluée. (...) Si elle est inutile, elle arrêtera » d'être remboursée, avait-elle prévenu.
(Avec AFP)
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