Téléconsultation remboursée : où fixer la limite ?

Les plateformes commerciales à l'assaut de la CNAM

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Publié le 04/09/2020
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L'association des entreprises de télémédecine (LET) plaide pour ouvrir le remboursement de l'acte de téléconsultation à toutes les plateformes commerciales, fortes de leur implication pendant la crise sanitaire.

Alors que les lignes bouges sur les critères de remboursement de la téléconsultation (lire ci-contre), une quarantaine de plateformes commerciales, regroupées au sein de l'association des entreprises de télémédecine (LET), cherche une légitimité auprès de l'assurance-maladie (CNAM). 

Actuellement, les acteurs du secteur reposent sur trois modèles économiques. Dans le premier cas, les plateformes sont intégrées à une complémentaire santé ou à une entreprise où le médecin est salarié et les téléconsultations non remboursées par la CNAM (MédecinDirect, Deuxièmeavis, Medaviz, etc.). D'autres proposent à un patient un accès direct à un médecin moyennant finance ou pouvant déboucher sur un remboursement en cas de respect du parcours de soins (Feeli, Livi, Qare, etc.). Enfin, certaines proposant une solution à un praticien ou à un établissement correspondant à des critères stricts négociés par les partenaires conventionnels. Ce dernier modèle était remboursé par l'assurance-maladie à hauteur de 70 % avant la crise. Il l'est à 100 % depuis mars (Doctolib, Hellocare, Mesdocteurs, etc.). À noter que certaines plateformes jouent sur deux voire trois tableaux. 

Souvent critiquées par la communauté médicale, méfiante, les plateformes mettent en avant leur rôle dans l'épidémie et l'explosion du nombre de téléconsultations, confirmée par Olivier Véran le jeudi 27 août lors de l'université d'été du MEDEF : « En trois jours, nous sommes passés de 20 000 téléconsultations [remboursées, NDLR] par an à un million par semaine », s'est félicité le ministre de la Santé. Hors remboursement, l'engouement est là aussi. « En 2019, on estime que 400 000 téléconsultations non remboursées ont été effectuées. On était à 600 000 entre janvier et avril 2020 et ce pour cinq plateformes uniquement », assure François Lescure, président du LET (et de MédecinDirect). Dans le modèle des complémentaires, le volume de téléconsultation est « deux à trois fois supérieur à avant la crise », ajoute-t-il. 

Reconnaissance

Si le rôle de ces plateformes n'est plus à démontrer, insiste le LET, les acteurs aimeraient aujourd’hui être légitimés par le secteur. « On s'est mobilisés pendant la crise, on a joué notre rôle ! Il faut maintenant inscrire l’ensemble des modèles de téléconsultations dans les parcours de soins des patients afin de bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale », plaide François Lescure. Cet appel à une plus grande reconnaissance de la part de la Sécu, et à travers elle, des pouvoirs publics, tombe à pic. En juillet, les accords du Ségur de la santé ont ouvert la porte à de nouveaux modèles d'organisation en télésanté, discutés dans les prochaines semaines en négociations conventionnelles. Le LET espère que la CNAM rajoutera un couvert à sa table.

 

S.M.

Source : Le Quotidien du médecin