« Il n'y a pas que les médecins qui doivent faire des économies ». Le commentaire quelque peu ironique d'Agnès Verdier-Molinié, directrice de l'IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) en dit long. Son think tank libéral vient de publier une étude décoiffante sur les frais de fonctionnement du système de protection sociale français.
L'évaluation de l'IFRAP démontre que les coûts de gestion réels de la protection sociale représentent au moins 42 milliards d’euros par an. Des économies de l’ordre de cinq milliards d’euros, voire 9,5 milliards d'euros sont possibles d’ici à 2025, si toutes les réformes d'ampleur ont été menées, dont près d'un milliard d'euros dans le domaine de la santé, indique l'IFRAP.
78 000 euros de frais de gestion par agent de la CNAM
Ces coûts de gestion représentent près de 6 % du montant des prestations sociales. Celles-ci s'élèvent à 746 milliards d'euros en 2015, dont 701 milliards de prestations distribuées. « La France est championne d'Europe des dépenses de protection sociale », grince le cercle de réflexion.
Dans le détail, c'est sur la maladie que les coûts de gestion courante des régimes obligatoire et complémentaire sont les plus importants avec 16,5 milliards d'euros en 2015. Selon l'IFRAP, la Sécurité sociale plombe le plus la note. « Près de douze milliards d'euros sont nécessaires à son fonctionnement, dont 60 % de charges de personnel pour les 154 500 salariés du régime général, les 40 % restants étant imputés aux frais de fonctionnement courants », précise l'étude. Sur ces douze milliards d'euros de frais de gestion, la branche maladie (la CNAM) et ses 86 000 salariés en représente 6,7 milliards d'euros… soit 78 000 euros par agent !
Pour la fondation, le (dys)fonctionnement des 102 caisses primaires (CPAM) est en cause. Les salariés bénéficient de nombreux « avantages » : rémunération plus élevée que dans la fonction publique, treizième mois, pas de jour de carence, 1 550 heures annuelles… Le nombre de départs à la retraite augmente : « une fenêtre de tir unique pour engager les réformes nécessaires à la réduction du poids du personnel » pour l'IFRAP.
De plus, l'absentéisme au sein de ces structures pose question, insiste l'IFRAP, qui a audité 55 CPAM en se fondant sur leur bilan social. En moyenne, 37 jours d'absence sont dénombrés par caisse. Albi (Tarn) est bonne élève avec 21,38 jours d'absence, à l'inverse de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui cumule 69 jours* d'absence.
* Selon la CPAM, sollicitée par l'IFRAP, ce résultat serait dû à ses effectifs où figurent 119 agents classés en invalidité de 2e catégorie.
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