Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) n’a pas mâché ses mots le 14 janvier, lors de ses vœux, en évoquant à nouveau les relations très crispées entre les praticiens libéraux et le pouvoir politique.
Le Dr Patrick Bouet a ainsi parlé du « désarroi d’une profession assommée par les complexités et surcharges administratives » et il a dénoncé « l’indifférence de la classe politique » sur ce sujet.
« Je le dis sans exagération et sans caricature, a-t-il ajouté, la fracture entre les médecins et les responsables politiques n’a jamais été aussi grande. » Pour lui, le malaise n’a cessé de croître ces dernières années, pour arriver « à son paroxysme cet automne ».
La loi de santé, occasion manquée
Pour 2016, l’Ordre souhaite « recréer les conditions du dialogue » avec les pouvoirs publics. « 2015 restera l’année noire d’un débat manqué, et la loi de santé restera avant tout une occasion manquée », résume le Dr Bouet.
L'Ordre prévient qu'il fera entendre sa voix lors des travaux préparatoires à la rédaction des nombreux décrets d’application et ordonnances de la loi. « Non dans une volonté de blocage, assure-t-il, mais pour garantir aux médecins et aux patients des textes acceptables et applicables. »
L’Ordre veut « se tourner vers l’avenir », et déjà vers le 26 janvier. À cette date, l’institution rendra publique un livre blanc recensant ses propositions pour transformer le système de santé. Des propositions qu’il compte soumettre à Manuel Valls le 11 février prochain lors de la grande conférence de santé organisée par le Premier ministre.
Organisation territoriale, parcours de soins, formation
Élaboré en concertation avec les médecins, au cours de nombreuses rencontres et consultations organisées au cours de l’automne, ce livre blanc s’articulera autour de trois thèmes principaux.
L’Ordre proposera d'abord « une réorganisation territoriale qui permette de répondre aux besoins et attentes fortement exprimés par la population ». Le CNOM veut également « construire un parcours de soins coopératif à la fois compréhensible et lisible ».
Enfin, l’institution fera des propositions en matière de formation initiale des médecins. « Nous ne pourrons pas réformer le système de santé sans réformer au préalable le système de formation des médecins », prévient le président de l’Ordre.
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