« Nous ne pouvons pas laisser le remède être pire que le mal ». Cette phrase de Donald Trump résume assez bien sa position, et celle d'une grande partie de la majorité républicaine. Lors d'une rencontre avec la presse, le président des États-Unis a estimé que la période de 15 jours de « shut-down » au cours de laquelle il est recommandé aux Américains de ne pas sortir de chez eux pourrait ne pas être reconduite. « Si nous écoutons les médecins, ils nous diraient "bouclons le monde entier", et vous savez que nous ne pouvons pas faire cela. »
À la date du 24 mars, 49 200 cas sont à dénombrer aux États-Unis, dont 25 000 dans la seule ville de New York. En tout, 593 personnes ont perdu la vie aux États-Unis. « Si on regarde les accidents automobiles, on voit qu'ils sont bien plus élevés que cela, cela ne signifie pas que nous allons demander à tout le monde de ne plus jamais conduire d'automobiles », a réagi le locataire de la Maison Blanche.
Depuis le début de la crise, le président des États-Unis a délivré des messages contradictoires, assurant dans un premier temps qu'il n'y aurait pas de pandémie avant de finalement prendre des décisions parfois en contradiction totale avec les avis des experts. La dernière personnalité à en avoir fait l'expérience est le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des maladies infectieuses, et membre clé de la task force mise en place par la maison de blanche pour lutter contre la pandémie.
Note Fauci’s reaction when Trump makes a deep state joke at the podium pic.twitter.com/cbNBxgqhRO
— Brandon Wall (@Walldo) March 20, 2020
Lors d'un précédent briefing presse, le Dr Fauci avait repris le président qui affirmait que la chloroquine pourrait très prochainement être administrée aux patients américains atteints de Covid-19. « Non, des recherches seront encore nécessaires », avait corrigé le scientifique qui depuis n'a plus participé aux conférences de presse organisées par la Maison Blanche. « À ma connaissance, je n'ai pas encore été viré », a affirmé le Dr Fauci dans une récente interview accordée au journal Science. Le chercheur y fait part des difficultés qu'il éprouve à travailler avec Donald Trump. « Je ne peux pas bondir et l'éjecter du micro, » a-t-il expliqué, jugeant qu'il pouvait au mieux « essayer de corriger le discours pour la prochaine fois ».
Quelques jours plus tôt le président Donald Trump avait affirmé que la FDA avait autorisé l'utilisation de la chloroquine pour traiter les victimes de l'épidémie de Covid-19. Des propos corrigés par le directeur de la FDA, Stephen Hahn pour qui, d'autres essais cliniques seront nécessaires. « Le président nous a demandé d'examiner si ce traitement pourrait être utilisé à titre compassionnel », a-t-il ajouté.
Les États-Unis lents au démarrage
Si la cadence des tests de dépistage s'est accélérée aux États-Unis, ces derniers sont encore jugés largement insuffisants par les experts : « c'est un échec » a reconnu le Dr Fauci, lors d'une conférence de presse tenue à la Maison Blanche, « notre système n'est pas équipé comme il devrait l'être ». Environ 7 000 tests seulement sont réalisés chaque jour dans l'ensemble du pays.
De plus, les centres américains de contrôle des maladies ont pris la décision, dans un premier temps, de ne pas adopter le test recommandé par l'OMS, et de développer son propre test basé sur la recherche de 3 gènes différents de ceux préconisés par l'agence onusienne. Expédiés le 5 février aux laboratoires, ces derniers n'ont pas réussi à les valider, observant un grand nombre de faux positifs. L'agence a donc dû mettre au point de nouveaux kits de tests et autoriser à partir du 29 février les laboratoires privés à produire leurs propres tests commerciaux, ce qui leur était interdit jusque-là.
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