Covid-19 : l'Académie de médecine plaide pour une autorisation des anticorps monoclonaux en France

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Publié le 10/02/2021
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Crédit photo : PHANIE

L’Académie nationale de médecine recommande, dans un communiqué publié le 9 février, d’accélérer le processus permettant d’autoriser l’utilisation des anticorps monoclonaux en France, d’en constituer des stocks adaptés et d’organiser le circuit logistique permettant de les administrer aux patients âgés et fragiles, dès les premiers jours de l’infection. Et ceci, d'autant plus que la couverture vaccinale des populations à haut risque est encore faible.

L'Académie rappelle en effet que les patients âgés ou atteints de comorbidités sont particulièrement à risque de développer des formes graves de Covid-19. « Actuellement, ces patients suivis à domicile par leur médecin n’ont accès à aucun traitement spécifique et sont hospitalisés en cas d’aggravation », soit dans 15 à 20 % des cas.

Des intérêts thérapeutiques et logistiques

Les anticorps monoclonaux présentent plusieurs intérêts, fait valoir l'Académie de médecine. Ils bloquent spécifiquement l’entrée du virus dans les cellules. Contrairement à la « sérothérapie, l'utilisation de plasma de patients convalescents ou les immunoglobulines hyperimmunes », cette immunothérapie passive est sans risque infectieux. L'activité neutralisante des anticorps monoclonaux sur le virus et ses variants est bien caractérisée. Et ils peuvent être produits avec régularité, à grande échelle et selon les mêmes contrôles de qualité que les biomédicaments utilisés dans les maladies inflammatoires et auto-immunes.

L'Académie souligne que les anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2 ont fait l’objet de deux essais randomisés contre placebo en double aveugle, publiés l'un et l'autre dans le « New England Journal of Medicine », le premier testant le Regeneron reçu par Donald Trump. Les deux études montrent une diminution significative de la charge virale (critère principal de ces études) et du risque d’hospitalisation (critère secondaire) chez les patients à risque de forme sévère. En outre, des travaux non publiés confirmeraient leur intérêt en cas de foyer épidémique à l’hôpital et en maison de retraite.

Alors que les anticorps monoclonaux sont utilisés depuis deux mois aux États-Unis et au Canada et que l'Allemagne vient de les autoriser, l'Académie demande qu'à son tour, la France lève les freins à leur production et leur utilisation auprès des plus fragiles.


Source : lequotidiendumedecin.fr