LA DÉMAGOGIE serait-elle un puits sans fond ? Depuis trop longtemps, ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « feuilleton de l’Hôtel-Dieu » donne un triste exemple de cynisme politique, offert à l’approche des élections par une équipe qui semble de plus en plus gouverner non pas dans l’intérêt des Parisiens, mais selon ses seuls calculs politiciens.
Que comprendre en effet du double discours de l’équipe municipale, tiraillée entre le bilan d’un maire qui pendant dix ans a rendu inévitable la fermeture des urgences en refusant toutes les évolutions qui auraient pu donner une nouvelle impulsion à l’établissement, et les prises de position de l’adjoint à la santé qui explique que la fermeture est nécessaire ? Les ralliements de la 25e heure du maire de Paris qui, sentant la grogne monter, se déclare opposé à la fermeture, ne trompent personne mais confirment la désinvolture avec laquelle la majorité sortante traite depuis trop longtemps l’Assistance publique.
Une nouvelle méthode s’impose.
Quel crédit accorder à la candidate socialiste qui, après avoir rejeté toutes les évolutions qui auraient pu sauver ces dernières années les urgences de l’Hôtel-Dieu, déclare aujourd’hui qu’elle ne « lâchera rien », tout en refusant, encore récemment, de voter au dernier Conseil de Paris les vœux de soutien à l’Hôtel-Dieu pourtant présentés par ses alliés politiques ?
La santé des Parisiens, l’hôpital en général et l’Assistance publique en particulier ne doivent pas être des jouets pour une majorité municipale à la peine. Aucun cap n’est fixé pour garantir aux Parisiens une offre de soins sûre, de qualité et accessible à tous. Une nouvelle méthode s’impose et de nouvelles relations entre la mairie et l’AP-HP, basées sur le respect et l’écoute, doivent être instaurées!
C’est la raison pour laquelle, en cas d’élection, je présiderai personnellement l’AP-HP : dans une ville comme Paris, le maire ne peut pas, comme c’est malheureusement le cas depuis dix ans, se désintéresser des questions de santé.
L’AP-HP a besoin d’être soutenue dans ses projets, et d’être défendue. La mairie a une responsabilité particulière pour faciliter le travail des infirmiers et aides-soignants en leur permettant de se loger plus aisément dans la capitale. L’opposition obsessionnelle de la mairie avec les précédents ministres de la Santé a nui à l’AP-HP et doit cesser.
Jeu de dupes.
Concernant l’Hôtel-Dieu, l’équipe sortante n’a pas su faire prendre à temps les décisions qui s’imposaient. Cette situation aura sans doute pour première conséquence la fermeture des urgences. J’étais pour leur maintien. Le gouvernement auquel j’ai appartenu les avait rénovées. Quel gâchis ! Je souhaitais un projet porté par les professionnels. Rien n’a été fait pour y aboutir. Consciente de la situation, la communauté médicale d’établissement considère aujourd’hui que la sécurité des patients et des professionnels n’est plus assurée et que la fermeture est inévitable. Cet avis ne peut être ignoré. Et pendant ce temps-là Madame Hidalgo nous explique qu’elle s’oppose à la fermeture des urgences. Si tel est le cas, pourquoi ne révoque-t-elle pas son adjoint à la santé qui exprime une position contraire ?
Pour ma part, je considère que l’élection municipale à venir doit être un moment de vérité. Ce jeu de dupes n’a que trop duré. Je souhaite bâtir avec les équipes un projet qui dessine pour l’Hôtel-Dieu un nouvel avenir et garantisse aux Parisiens un accès aux soins les meilleurs, à toute heure du jour ou de la nuit. Je prends donc l’engagement, d’abord d’accompagner les personnels des urgences en leur donnant des perspectives claires sur leurs nouvelles missions et leurs nouvelles affectations ; ensuite de garantir, par des investissements rapides, que l’accueil des urgences lourdes dans les hôpitaux immédiatement voisins se fera dans les meilleures conditions de qualité et de sécurité, tant pour les patients que pour les personnels ; enfin de construire le projet de ville qui aujourd’hui fait défaut pour accompagner l’évolution de l’Hôtel-Dieu. C’est la responsabilité du maire de Paris de mobiliser les professionnels de ville pour garantir la permanence des soins, et d’agir sur le réseau de transports entre l’Hôtel-Dieu et les autres hôpitaux.
Il est urgent que le maire de Paris reprenne en main les questions de santé et qu’un projet ambitieux, fédérateur et innovant soit proposé à l’AP-HP et aux parisiens. Paris mérite mieux qu’une imposture sanitaire que propose l’équipe sortante.
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