L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réitéré son opposition à l’administration de doses de rappel tant que les pays les plus pauvres n’ont pas un accès équitable aux vaccins contre le Covid-19. « Je ne resterai pas silencieux lorsque les entreprises et les pays qui contrôlent l'approvisionnement mondial en vaccins pensent que les pauvres du monde doivent se contenter des restes », s’est agacé le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un point presse le 8 septembre.
Début août, l'OMS avait tenté d’imposer un moratoire sur les doses de rappel jusqu'à fin septembre, mais plusieurs pays riches sont passés outre et ont lancé des campagnes de rappel de vaccination. Si une 3e dose peut être envisagée pour les personnes les plus à risque, et notamment les immunodéprimés, elle ne peut être généralisée, a estimé le patron de l’organisation, qui a appelé « à une prolongation du moratoire au moins jusqu'à la fin de l'année 2021 pour permettre à chaque pays de vacciner au moins 40 % de sa population ».
Depuis l’arrivée des vaccins, l’OMS n’a cessé de plaider en faveur d’un partage mondial et équitable des doses disponibles. « Les objectifs mondiaux de l'OMS restent d'aider chaque pays à vacciner au moins 10 % de sa population d'ici à la fin du mois, au moins 40 % d'ici à la fin de l'année et 70 % de la population mondiale d'ici le milieu de l'année prochaine », a rappelé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
5,5 milliards de doses administrées, dont 80 % dans les pays riches
Pour l’heure, 5,5 milliards de doses de vaccin ont été administrées dans le monde, dont 80 % dans les pays aux revenus les plus élevés. « Près de 90 % des pays à revenu élevé ont maintenant atteint la cible des 10 % et près de 70 % ont atteint la cible des 40 %. Pas un seul pays à faible revenu n’a atteint ces cibles et ce n’est pas de leur faute », a déploré le patron de l’OMS.
Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est également dit « consterné » par les déclarations de l'industrie pharmaceutique assurant que la production de vaccins serait bientôt plus que suffisante pour assurer la vaccination de tous. « En réalité, les fabricants ont depuis longtemps la capacité de vacciner non seulement leurs propres groupes prioritaires, mais de soutenir simultanément la vaccination de ces mêmes groupes dans tous les pays », a-t-il indiqué, déclarant que les « solutions pour arrêter la transmission et sauver des vies (…) ne sont pas bien utilisées ni bien partagées ».
Covax revoit ses objectifs à la baisse
Alors que Covax, le mécanisme de partage des vaccins mis en place par l’OMS et l’Alliance Gavi, a été contraint de revoir ses objectifs à la baisse, le patron de l’OMS estime que les « bonnes intentions » sont restées « lettre morte ». « Nous en avons assez des promesses. Ce que nous attendons maintenant, ce sont les vaccins », a-t-il martelé.
Selon ses dernières prévisions publiées le 8 septembre, Covax espère disposer d'un total de 1,425 milliard de doses en 2021, alors que le système tablait initialement sur deux milliards. L'espoir est désormais d'atteindre cette échéance au premier trimestre de 2022.
« La capacité de Covax à protéger les personnes les plus vulnérables dans le monde continue d'être entravée par les interdictions d'exportation, la priorité accordée aux accords bilatéraux entre les fabricants et les pays, les difficultés à augmenter la production de certains producteurs clés et les retards dans le dépôt des demandes d'homologation », indiquent les fondateurs de Covax, dans un communiqué commun, appelant les pays riches à accélérer les dons de doses.
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