MERCREDI, quelques heures avant de suspendre sa campagne pour motif familial, Nathalie Kosciusko-Morizet avait rendez-vous à la Pitié-Salpêtrière pour échanger avec les responsables de l’institut de cardiométabolisme et nutrition, l’un des trois instituts hospitalo-universitaires (IHU) parisiens.
La candidate mise sur l’excellence parisienne. Elle s’enthousiasme pour la qualité des travaux menés ici, mais déplore le manque de visibilité de la marque « IHU ». Le défaut de coordination entre les acteurs, aussi. « L’AP-HP me fait l’effet d’un colosse aux pieds d’argile », glisse-t-elle.
Si les Parisiens la choisissent comme maire, elle reprendra l’institution en main. « Je présiderai moi-même l’AP-HP [son conseil de surveillance, NDLR], confie NKM en marge de sa visite à la Pitié. C’est un enjeu majeur. Bertrand Delanoë a délégué, et cela a fait beaucoup de dégâts ».
Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo et Jean-Marie Le Guen n’ont pas accordé leurs violons sur le dossier Hôtel-Dieu. L’ancienne directrice générale y a laissé son poste. « Mireille Faugère est la victime expiatoire dans cette affaire. La municipalité en place est hypocrite, elle a dénoncé la fermeture des urgences et l’a organisée dans le même temps », accuse NKM. Le projet de nouvel Hôtel-Dieu n’est pas bouclé financièrement, ajoute la députée de l’Essonne, qui reproche aux socialistes de donner la priorité à la construction de logements sociaux sur les sites dont se déleste l’AP-HP (Saint-Vincent-de-Paul en tête). « Il faut sortir de cette schizophrénie et vendre au mieux le patrimoine, afin de réinvestir dans la gériatrie, la pédiatrie, les urgences... ».
Paris bénéficie d’une offre de soins remarquable, mais des indicateurs sont préoccupants, poursuit la candidate. Elle cite la décrue du nombre de généralistes (lire page 7), plus marquée dans certains arrondissements. L’augmentation du temps d’attente aux urgences, la difficulté d’accès au secteur 1, surtout chez les spécialistes. « Tout acte confondu, le dépassement moyen à Paris est de 37 euros, alors que la moyenne nationale est de 15 euros », note l’ex-ministre. Son objectif : aider à la mise en place d’un pôle de santé par arrondissement, via des contreparties sur le foncier. Elle veut aussi soutenir des projets de santé par le sport, notamment pour les personnes atteintes de cancer.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention