Études médicales

Changement de cycle de la première à la sixième année 

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Publié le 20/12/2018
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Le gouvernement a confirmé en 2018 un big bang inédit des études médicales.

À l'entrée du cursus d'abord : la fin du numerus clausus et de la PACES a été programmée pour 2020, à faveur du plan Ma santé 2022. Verrouillant l'accès aux études médicales depuis 1971 (mais contourné avec la reconnaissance mutuelle des diplômes européens), le numerus clausus laisse 45 000 étudiants sur le carreau chaque année, souvent sans réorientation. Un gâchis humain unanimement dénoncé.

Ces derniers mois, un travail de concertation avec les jeunes et les doyens a été entamé pour reconstruire le premier cycle (de la 1ère à la 3e année). Objectif : supprimer la sélection brutale sans débouché, diversifier les profils d'étudiants, rapprocher les cursus des différentes formations santé. En attendant les arbitrages du gouvernement (dans la loi santé 2019), les principes sont connus : les études de médecine seront accessibles par plusieurs voies et à différentes périodes du premier cycle grâce à de nouvelles passerelles. Le contenu des programmes évoluera. L'idée est d'orienter progressivement les étudiants dans les diverses filières sélectives de santé en fonction de leur choix et de leurs résultats.

Postes d'internes : place au matching

La rénovation du second cycle (de la 4e à la 6e année) est l'autre grande brique du chantier, débouchant naturellement sur le remplacement des ECNi (porte d'entrée à l'internat) dès 2022.

Esquissée en juillet par les deux ministres Agnès Buzyn (Santé) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), la réforme propose de remplacer les ECNi par un matching (existant par exemple au Canada) se basant sur un trépied de critères : les connaissances théoriques mais aussi les compétences cliniques et relationnelles et le parcours de l’étudiant – avec des standards d'évaluation. C'est la fin du classement « couperet » des ECN (trois jours d'épreuves en fin de sixième année) qui contraint les étudiants à un bachotage intensif, au risque de délaisser les stages et de fragiliser la santé mentale. 

En pratique, cette réforme devrait réduire fortement le volume de connaissances théoriques à ingurgiter (les savoirs « socles » seront évalués en fin de cinquième année) au bénéfice d'une approche professionnalisante et valorisant les parcours personnalisés (recherche, mobilités, engagement, etc.). Dans le cadre du matching, chaque étudiant sera caractérisé par ses scores de connaissances, de compétences cliniques et relationnelles et de parcours. Étudiants et doyens seront très vigilants sur les garanties d'équité et de standardisation de cette révolution de la formation initiale. 

 

Sophie Martos

Source : Le Quotidien du médecin: 9712