C’est voté ! Dans un hémicycle encore plus désert que la première fois, les députés ont voté vendredi après midi la généralisation du tiers payant en deuxième lecture du projet de loi de santé. Ambiance gentiment polémique toutefois, les représentants de l’opposition donnant une dernière fois de la voix pour critiquer la mesure contenue dans l'article 18 de la réforme Touraine. De nombreux amendements proposés par l'opposition ont été néanmoins discutés. Tous refusés.
Première critique sur le timing retenu par le gouvernement. Un « hold up démocratique » aux yeux de Dominique Tian (Bouches-du-Rhône) se scandalisant que le débat ait lieu un vendredi après-midi, jour de l’hommage national aux victimes des attentats et alors qu’un bon nombre d’élus étaient retenus par la campagne des régionales : « Regardez cet hémicycle, il est quasiment vide ! Que vont penser les médecins quand ils vont voir qu’on a voté à quinze ou vingt cette réforme ? », s’est-il exclamé.
Sur le fond, Laurence Arribagé (Haute Garonne) a ironisé : « c’est le tiers perdant généralisé que vous vous voulez instaurer… » Et Jean-Pierre Door (Loiret) a dénoncé « une mesure démagogique qui pose de nombreux problèmes techniques. » Quand à Arnaud Robinet (Marne), il a déploré que cette réforme marque « la fin de la médecine libérale. » Et le « monsieur santé » des Républicains de se faire le porte-parole du corps médical : « la seule demande de la part des médecins, c’est que ce tiers payant généralisé ne soit pas obligatoire. »
La communiste Jacqueline Fraysse s'est au contraire montrée favorable au TPG, mais tout en faisant état des "préoccupations légitimes exprimées par les médecins (...) concernant notamment le temps précieux qu'ils ne veulent pas perdre (...) et sans retarder le versement de leurs honoraires, ce qui est légitime."
La réponse de Marisol Touraine était évidemment attendue. Elle a de nouveau promis aux médecins un dispositif qui garantirait leur indépendance et « leur permettra de gagner du temps », assure-t-elle. Et pour le reste, elle se montre compréhensive vis-à-vis de leur mauvaise humeur : « je suis très sensible au malaise qui s’est emparé du milieu médical et qu’il ne s’agit absolument pas de nier. » Mais que la ministre attribue à d'autres causes que sa réforme...
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