C’est en réponse à une saisine du ministère de la Santé du 26 novembre que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s’est exprimé ce vendredi 17 décembre. Délivrant un avis positif sur l’ouverture de la vaccination contre le Covid à tous les enfants de 5 à 11 ans.
La question portait sur « l’acceptabilité éthique de proposer la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans » mais aussi sur « les modalités d’accompagnement de cette campagne ». La campagne vaccinale a déjà démarré pour les enfants de 5 à 11 ans à risques et le gouvernement a déjà annoncé son ouverture probable à tous les enfants de cette classe d'âge à partir du 20 décembre.
L'exemple de la vaccination des ados
L’instance « considère que la vaccination des enfants de 5 à 11 ans sans comorbidités est acceptable sur le plan éthique dans le contexte actuel » tout en rappelant que cet avis a été « rendu dans l’urgence, alors que de nombreuses incertitudes persistent ». « Il y a beaucoup d’incertitudes mais quand même une certitude : la vaccination des adolescents semble avoir été bénéfique pour eux », a constaté la Pr Alexandra Benachi, co-rapporteure de l’avis avec le Dr Pierre-Henri Duée.
Avant de mentionner plusieurs chiffres : sur l’incidence élevée chez les 5 -11 ans ces dernières semaines, sur les hospitalisations et admissions en soins critiques (« une très grande majorité des admissions en soins critiques, et plus de 50 % des hospitalisations hors PIMS, concernent des enfants sans comorbidité ») mais aussi les conséquences sur la scolarité en cas de fermeture de classe notamment.
Des réserves sur l'accompagnement de la campagne
Le CCNE émet pourtant un certain nombre de réserves.
D’abord, et s’il considère que les données chez les adolescents, vaccinés à près de 80 %, sont positives, le comité appelle à s’assurer que « les données de sécurité en vie réelle provenant des pays ayant débuté la vaccination » des enfants de 5 à 11 ans soient « rassurantes après un schéma vaccinal complet ». Une étude américaine étant notamment attendue pour le 21 décembre.
Sur le sujet d’une probable campagne vaccinale, le comité souligne que sa mise en place devra se faire « dans le respect du choix éclairé des parents et sans contrainte ».
Privilégier la ville pour rassurer les enfants
Il appelle ainsi à ne pas l’organiser « dans la précipitation » mais à la préparer avec les « professionnels de santé et les parents d’élèves ». Il invite ainsi à éviter les « vaccinodromes » pour privilégier un lieu « sécurisant et adapté à l’âge concerné ». Et, soulignant les épidémies pédiatriques qui surchargent actuellement les hôpitaux, le comité appelle à s’appuyer sur la ville, et notamment les généralistes.
Et pour éviter une double injection systématique « en prenant compte le pourcentage élevé de jeunes enfants déjà infectés par la Covid-19, soit entre 30 et 40 % des enfants selon le Conseil scientifique Covid », le CCNE conseille de « proposer des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) », après approbation par la Haute Autorité de santé.
L'idée d'un passe sanitaire pour les enfants exclue
Par ailleurs, il marque ainsi sa vigilance pour qu’ « aucune mesure mise en œuvre ne conduise directement ou indirectement à une stigmatisation (…) envers les enfants dont les parents ne feront pas le choix de la vaccination », excluant tout recours à un passe sanitaire pour les enfants de 5 à 11 ans.
Enfin, le CCNE demande par ailleurs qu’« un suivi pharmaco-épidémiologique dans la tranche d’âge de 5 à 11 ans soit mis en place par les services de l’État avec une vision de moyen-long terme » et enfin que « l’organisation de la vaccination des enfants n’interfère pas avec la dose de rappel chez des adultes, qui demeure indispensable et prioritaire ».
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