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Vaccination : la HAS ouvre la porte à de nouveaux transferts de compétences

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Publié le 31/01/2022
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La Haute Autorité de santé a publié vendredi 28 janvier des recommandations pour l’élargissement de la vaccination. L’objectif est de permettre aux infirmiers, pharmaciens et sages-femmes de prescrire et administrer les vaccins non vivants inscrits au calendrier vaccinal pour les personnes 16 ans et plus. L’instance y intègre deux conditions.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Après les vaccins contre le Covid-19 et la grippe, les vaccins non vivants inscrits au calendrier vaccinal pourront être prescrits et administrés aux personnes de 16 ans et plus par d’autres professionnels de santé que les médecins. C’est ce qui ressort d’une publication de la Haute Autorité de santé (HAS) du 28 janvier.

Autorisation pour les infirmiers, pharmaciens et sages-femmes

L’instance recommande ainsi de « permettre aux infirmiers, pharmaciens et sages-femmes de prescrire et d’administrer les vaccins non vivants inscrits au calendrier vaccinal chez les personnes âgées de 16 ans et plus », à l’exception des personnes immunodéprimées.

Les vaccins concernés sont : Diphtérie-Tétanos-Coqueluche-Poliomyélite ; Papillomavirus humains ; Pneumocoque ; Hépatite B ; Hépatite A ; Méningocoques A, C, W, Y et la grippe.

La recommandation ne concerne pas les vaccins contre le méningocoque B et la rage, « qui sont relatifs à des situations particulières et rares », précise la HAS.

La campagne vaccinale contre le Covid-19 en exemple

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a-t-elle donné des idées aux instances réglementaires ? C’est en tout cas un des éléments pris en compte par la HAS qui souligne que « les expériences préalables sur l'élargissement des compétences vaccinales contre la grippe et le Covid-19 ayant montré que l’implication de différents professionnels de santé concernés avait un impact positif sur la couverture vaccinale, particulièrement pour le Covid-19 ».

En 2021, sur les près de 30 millions d’injections de vaccins contre le Covid réalisées par la ville (hors centres de vaccination et établissements de santé), 36,32 % ont été effectués par les médecins généralistes libéraux, derrière les pharmaciens (42,05 %) et devant les médecins salariés (13,04 %) et les infirmiers (8,59 %), selon le site Datavaccin-Covid.ameli.fr.

La HAS rappelle par ailleurs que les sages-femmes ont « été en 2016 les premières à être autorisées à prescrire et pratiquer la vaccination dans des conditions précises chez les femmes, les nouveau-nés et leur entourage » tandis que « plus récemment, les infirmiers et les pharmaciens ont été intégrés dans la campagne annuelle de vaccination contre la grippe saisonnière ».

Formations et traçabilité des actes, comme conditions préalables

Néanmoins, la HAS pose deux conditions.

Et d’abord de « s’assurer en préalable que ces professionnels aient suivi une formation, et si possible une formation interdisciplinaire ». Elles devront être dispensées dans le cadre de la formation continue, « au-delà de la formation initiale » et permettre de « mieux harmoniser les pratiques et les messages ».

La HAS demande également de « renforcer et améliorer la traçabilité de la vaccination par la mise en place d’un carnet de vaccination électronique utilisé par tous ». Elle pointe ainsi « la nécessité de mettre en place, à court terme, un outil de traçabilité électronique adapté pour l’identification des indications, des non-indications et des contre-indications de chaque vaccin ; ainsi que pour le suivi interprofessionnel des patients et qui doit permettre l’information indispensable du médecin traitant ».

Enfin, la HAS estime « nécessaire d’élaborer des repères concrets pour permettre un parcours de soins pluriprofessionnel efficace et efficient ». Elle prévoit donc, « comme souhaité par le Collège de la médecine générale », de travailler sur une recommandation « concernant la réalisation en interprofessionnel des différentes vaccinations par les professionnels de santé concernés ».


Source : lequotidiendumedecin.fr